Mika Hakkinen revient sur son duel de Francorchamps 2000

MONACO Double champion du monde, vainqueur en Principauté en 1998 et encore le week-end dernier en DTM au Lausitzring, Mika Hakkinen nous a accordé un petit quart d'heure dans son emploi du temps très chargé.

Mika, vous êtes ambassadeur de l'opération Don't drink and drive pour un des sponsors de McLaren. Mais votre compatriote Kimi Raik- konen est plutôt un adepte, lui, du Boire et conduire, il ne faut pas choisir...

"Kimi est un ami et c'est sûr qu'il aime faire la fête. Mais je suis convaincu qu'il ne boit pas durant les week-ends de Grand Prix. Ou alors après la course ! Les Finlandais ont la réputation d'avoir d'excellents pilotes mais aussi beaucoup d'alcooliques. Pourtant, on ne boit pas plus que les autres..."

Pourquoi avoir arrêté la F1 si jeune (NdlR : à 33 ans) ?

"Parce que j'avais accompli ce que je souhaitais en remportant deux couronnes et que j'étais toujours en un morceau. Honnêtement, j'étais fatigué, j'en avais marre de voyager à travers le monde. Quand vous songez à arrêter, il faut le faire tout de suite. J'ai eu mon temps. La F1 m'a apporté beaucoup de satisfactions. Je n'ai jamais regretté ma décision."

Vous comprenez facilement alors les raisons qui ont poussé Michael à arrêter fin de la saison dernière ?

"En fait, je ne comprends pas qu'il ait continué aussi longtemps."

Vous n'aviez donc pas l'intention d'effectuer un come-back lors de votre essai chez McLaren l'année dernière ?

"Non, je voulais simplement prendre du plaisir. Voir comment les F1 avaient évolué en cinq ans. Je l'ai pris comme un cadeau offert par Ron Dennis."

Qu'avez-vous dit à Michael Schumacher en descendant de votre monoplace après votre victoire au terme d'un terrible duel dans la montée vers les Combes qui aurait pu mal tourner au GP de Belgique 2000 ?

"Je n'ai pas trop envie de reparler de cela." (On insiste.) "Il est important d'avoir du respect et de la confiance envers vos adversaires lorsque vous vous battez roues contre roues à 300 km/h. À ces vitesses-là, vous pouvez tuer quelqu'un."

Vous avez dit cela à Michael Schumacher ?

"Oui, quelque chose comme cela. Il est resté muet."

Votre opinion sur lui a-t-elle chan- gé depuis ce jour ?

"Michael est un grand champion..."

Mais humainement ? Auriez-vous pu, par exemple, commettre le même geste que Schumi, ici, à la Rascasse, l'an dernier ?

(Avec un sourire révélateur.) "Vous voulez parler de son accident ? Non, c'est sûr, je n'aurais jamais agi comme lui. Il ne faut pas être un salaud prêt à tout pour gagner des courses, non. Je n'ai jamais eu d'ennemis ni fait de coups tordus à personne."

Qui voyez-vous le mieux classé en fin d'année entre Alonso et Hamilton ?

"Je ne sais pas. Je pense que l'expérience d'Alonso finira par faire la différence lorsque la pression du championnat commencera à se faire sentir."

Pouvez-vous nous décrire le GP de Monaco en un mot ?

"Impossible. Je dirais qu'il faut éviter les rails, ne pas commettre d'erreurs durant trois jours. C'est la course la plus dure au monde. Si vous perdez une heure en essais, si vous tapez (NdlR : comme Hamilton jeudi), c'est la catastrophe. Lorsque vous êtes en tête ici, c'est fantastique. Vous sentez l'ambiance, vous voyez les bateaux, les gens dans les tribunes. Par contre, si vous êtes 2e, 3e ou 4e, c'est l'enfer. J'ai remporté ici une des plus belles victoires de ma carrière."



© La Dernière Heure 2007