Une victoire importante à plus d'un titre pour l'Allemand.

Sebastian Vettel, vainqueur dimanche en Hongrie de son 41e GP de F1, a ensuite dédié sur le podium, en français, cette victoire à Jules Bianchi, le pilote de réserve de la Scuderia Ferrari, décédé le 17 juillet et dont il avait porté le cercueil, mardi à Nice.

Que vous inspire cette victoire très spéciale, votre première victoire en Hongrie ?

"Cette victoire, c'est pour Jules (en français, sur le podium). C'était une semaine incroyablement difficile, pour tout le monde, et je la dédie aussi à tous les gens de chez Ferrari. On savait qu'un jour ou l'autre il (Jules) aurait fait partie de notre équipe, de cette famille. C'est incroyable, les hauts et les bas qu'on peut traverser. A la fin, ce qui nous réunit tous, c'est notre passion commune, le fait que nous aimons la course plus que tout, même si nous sommes tous différents. C'était une semaine difficile, déjà mardi (pour les obsèques à Nice), et on a encore pensé à Jules sur la grille (en présence de la famille Bianchi). C'était très émouvant et difficile ensuite de se remettre dans le rythme (de la course qui allait commencer). Mais après, quand on se retrouve dans la voiture, qu'on abaisse la visière, il y a tellement de choses qu'il faut vérifier, on n'a plus vraiment le temps de penser à autre chose".

Qu'avez-vous pensé quand vous avez appris que la voiture de sécurité allait sortir (suite à la sortie de piste d'Hülkenberg) ?

"On a bien compris que ça n'allait pas nous aider (en réduisant les écarts en tête, ndlr), mais il est évident que cela a rendu la fin de course plus intéressante. Nous avions pris un bon départ et c'était crucial de prendre tout de suite la tête de la course. Ma voiture n'était pas évidente à piloter, mais efficace, et j'ai pu tenir un bon rythme jusqu'au bout. Je veux vraiment remercier l'équipe pour les progrès réalisés depuis vendredi, et tout s'est mis ensemble aujourd'hui pour qu'on gagne, malgré la voiture de sécurité".

Comment avez-vous vécu cette 41e victoire en F1, qui vous permet d'égaler Ayrton Senna ?

"J'ai pris un super départ, puis j'ai perdu le soutien de Kimi (Räikkönen, son coéquipier chez Ferrari), à cause du problème qu'il a eu. A la fin, c'était un peu tendu et il fallait que j'attaque à nouveau (pour résister à Rosberg). Si l'on prend ces deux derniers jours, les hauts et les bas, en termes d'émotion et de performance, je pense qu'on peut difficilement faire mieux. Et c'est encore plus satisfaisant quand on termine tout ça devant. Le total de victoires de Senna, c'est aussi quelque chose d'incroyable, je ne sais pas comment trouver les mots. Et j'ai tendance à repenser à Jules, à sa famille, car ça dépasse tout le reste".


Les autres déclarations :

Daniil Kvyat (RUS/Red Bull-Renault), 2e, premier podium en F1: "Cette année a été difficile, cette course aussi. Je pense que l'équipe méritait vraiment ce podium, je la remercie beaucoup, c'est fantastique. Ce podium, c'est aussi et surtout pour Jules (Bianchi, le pilote français décédé le 17 juillet à l'âge de 25 ans des suites d'un accident, ndlr) et sa famille. Nous avons perdu un super mec, un énorme pilote. Donc toutes mes pensées sont avec lui maintenant. Mais le premier podium, c'est quelque chose de spécial et c'est difficile de décrire ce que je ressens aujourd'hui. Je pensais qu'après le premier tour (Kvyat était 7e, ndlr), ma course était déjà terminée car j'ai fait un plat sur un pneu et je pouvais difficilement rester en piste. Puis l'équipe m'a dit de continuer à attaquer. Certaines personnes disent: "N'abandonnez jamais", et jusqu'à aujourd'hui je ne savais pas vraiment ce que ça voulait dire".

Daniel Ricciardo (AUS/Red Bull-Renault), 3e: "C'était une course folle. Il y a eu un contact au premier virage, je pense avec Bottas, un gros choc, l'avant de ma voiture a sauté et je pensais que j'avais cassé quelque chose, qu'il y avait beaucoup de dégâts et que la course était terminée pour moi. Et puis j'ai été touché par Lewis (Hamilton) quand la course est repartie (après la neutralisation, ndlr), je pense qu'il a dû bloquer ses roues avant et il m'est rentré dedans, donc j'avais encore des dégâts supplémentaires, mon ponton droit se baladait, mais j'étais troisième. J'étais tout près de Nico (Rosberg), j'avais les pneus qu'il fallait, il ne restait pas beaucoup de tours, alors j'ai voulu tenter quelque chose. J'étais peut-être un peu en retard, mais ma manoeuvre était propre. Du coup, il a crevé et j'ai abîmé mon aileron avant, mais ça a profité au jeune Russe (Kvyat). Ca ne m'a pas empêché de monter aussi sur le podium, malgré mon changement d'aileron. Comme tous les pilotes l'ont dit, cette course était pour Jules. J'ai tout donné en piste, j'y ai mis tout mon coeur. J'ai vu Jules grandir. Il était très doué, il faisait des dépassements impressionnants, ça m'a inspiré aujourd'hui. Je suis fier d'être sur ce podium, au bout d'une semaine très émouvante. C'est bien aussi d'avoir eu sa famille présente ici. J'espère qu'on a trouvé ensemble des raisons d'être heureux et qu'on va pouvoir aller de l'avant".