Pour la Formule 1, le retrait fin 2009 de l'écurie est un nouveau coup dur

Formule 1

BERLIN Après le japonais Hon- da, la F1 connaît un nouveau coup dur avec l'annonce du retrait de BMW en fin de saison, dans un contexte de crise économique et de bisbille entre la Fédération internationale de l'automobile (FIA) et les grands constructeurs.

BMW "ne renouvellera pas son engagement en F1 après la fin de la saison 2009" , a fait savoir le groupe allemand hier, ce qui résulte de "la nouvelle direction stratégique de l'entreprise" , a justifié Norbert Reithofer, le patron de BMW. La nouvelle a tout de la catastrophe pour le monde du sport automobile, tant elle est soudaine et surprenante.

Si les rumeurs des départs de Renault ou Toyota, jamais confirmées, bien au contraire, bruissent depuis le début de l'année dans le paddock, jamais celui de BMW n'avait été ne serait-ce qu'avancé. On pensait même le futur de la discipline complètement assuré quand la FIA avait annoncé vendredi "l'achèvement de négociations entre la FOA et les treize écuries" qui courront en 2010.

Cet accord Concorde, censé lier les parties jusqu'en 2012, incluait évidemment l'équipe BMW Sauber, pensait-on.

Le départ de Honda pour raisons économiques en décembre dernier avait déjà servi d'électrochoc pour les instances du sport automobile, qui avaient décidé de réduire les coûts de la F1 par voie réglementaire. Mais la FIA, qui voulait pratiquement couper par dix d'une saison sur l'autre les budgets des écuries, s'était heurtée à l'opposition très forte de ces dernières, ainsi qu'à celle des constructeurs les soutenant.

Chez BMW, dont le bénéfice net a dégringolé de 89,5 % en 2008 par rapport à 2007, l'argument économique n'est pourtant pas avancé.

La nouvelle orientation de BMW sera de "mettre en avant une politique de gestion durable et favorable à l'environnement" , a expliqué Norbert Reithofer. "Notre campagne de F 1 est ainsi moins un composant clef" de la stratégie de la marque, a-t-il précisé. D'autant que l'écurie BMW Sauber, après trois saisons très prometteuses, connaît une année 2009 désastreuse. Et dépenser entre 200 et 300 millions d'euros pour une structure perdante quand on n'en a gagné en tout et pour tout que 330 l'année précédente fait mal.



© La Dernière Heure 2009