L'ambiance à l'Albert Park au détour d'un... câble téléphonique
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MELBOURNE Implanté dans un chatoyant écrin de verdure et autour d'un lac, l' Australian Grand Prix est devenu le véritable déclencheur de tension, puisque c'est ici que la F 1 ouvre le bal de manière ininterrompue depuis 1996. Chairman de l'épreuve, Ronan Walker est communément désigné comme l'homme le plus riche d'Australie. «Humainement parlant, c'est aussi un grand monsieur!» confie Danny Federico, qui oeuvre au sein du circuit pour le compte de Telstra, la compagnie qui a en charge le dossier téléphonique du Grand Prix local, un contrat soufflé au nez et à la barbe de Vodafone, l'autre monstre de la téléphonie mobile en Australie et dont le sigle orne aussi, pourtant, les bolides rouges de la Scuderia. «Pour nous de chez Telstra, le GP a débuté il y a plus de deux mois déjà. Ainsi, nous sommes sept à travailler full time autour du circuit depuis la première semaine de janvier!» Issu de la seconde génération des Italiens émigrés de ce côté-ci du globe, Danny Federico a évidemment les yeux de Chimène pour Rodrigue lorsqu'il déambule devant le stand Ferrari. «Mes parents, qui ont débarqué à Melbourne en 1956 après vingt-neuf jours de bateau depuis l'Italie, ont pris l'habitude de vivre chaque année ce GP d'Australie comme une finale de Coupe du Monde de football! » raconte Danny Federico, qui a aussi travaillé à Sidney lors des Jeux Olympiques 2000 et à l'Open d'Australie de Tennis pour le comp- te de Telstra. «Pour nous, quand une Ferrari gagne, c'est un gros morceau d'Italie qui nous est apporté et que nous goûtons avec avidité. De plus, comme mes parents sont nés dans les Abruzzes, non loin de Pescara donc, nous sommes également des supporters inconditionnels de Jarno Trulli, qui est de là-bas!» Et le fait que Danny Federico n'ait jamais, lui, posé un orteil dans la péninsule italienne et qu'il ne s'exprime quasiment pas dans la langue de Dante n'enlève rien à l'énergie qu'il met, l'espace d'un week-end de GP, à se sentir complètement sous influence transalpine!

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Dans la Marvellous Melbourne, à l'ombre des majestueuses Rialto Towers, ils sont quelque chose comme trois cent mille à avoir une origine estampillée du sceau de la communauté italienne. «Ici aussi, comme à New York, il y a un quartier qu'on appelle Little Italy ! poursuit fièrement Danny Federico. En cette période de GP, les rues de notre zone ont revêtu un habit très ferrariste. Il y a du rouge partout où on tourne les yeux et pas seulement dans les spaghettis!» Dimanche, la plupart meubleront les travées de l'Albert Park, les uns vêtus d'un polo au nom de Michael Schumacher, les autres avec un drapeau sur lequel sera bien visible un cheval cabré. Danny Federico, lui, ne pourra se départir de son bleu de travail. «Mais pour moi, le GP ne se terminera pas dimanche soir, puisque avant de retirer toutes les connexions téléphoniques autour du circuit, il nous faudra plusieurs jours!» Bref, pour certains, ce GP d'Australie ne dure pas trois jours mais bien près de trois mois...

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