Près de trois mois plus tard, les images de l'accident de Roman Grosjean font toujours aussi froid dans le dos. Le pilote français s'en était sorti avec des blessures peu importantes au regard de la violence du crash, alors qu'il avait heurté la barrière de sécurité à pleine vitesse et que son bolide s'était embrasé.

Pour l'émission "Sport Reporter", la chaîne Canal + a décrypté les circonstances de l'accident dans un documentaire intitulé "1,6 seconde", soit le temps qui s'écoule entre le moment où Grosjean s'apprête à percuter le rail et celui où sa monture prend feu. Parmi les intervenants, citons Marion Jollès, l'épouse du pilote, ainsi que les ingénieurs du team Haas Ayao Komatsu et Dominic Haines.

"Je suivais attentivement l’évolution de nos deux voitures via les caméras embarquées, se souvient Komatsu. "En voyant la boule de feu, je n’ai pas cru que c’était Romain… puis j’ai constaté que le contact GPS indiquait « GRO Stopped ». Ce fut un grand choc."

"Pour ma part, je me concentrais sur la télémétrie", enchaîne Haines. "Soudain, toutes les données se sont arrêtées alors que l’impact de l’accident se produisait à 200 km/h. J’ai demandé à la radio s’il était OK, mais le silence a duré 30 secondes puis quelqu’un a dit : « il marche ». Quel soulagement !"

Une animation d'une qualité exceptionnelle reproduit fidèlement l'impact à plus de 200 km/h de l'accident, seconde par seconde. La modélisation en 3D montre très clairement le rôle joué par le Halo, qui a évité un terrible choc à la tête à l'ex-pilote Haas. Pour rappel, ce Halo avait été introduit en 2018 après l'accident ayant provoqué de Jules Bianchi à Suzuka en 2014 qui allait entraîner le décès du malheureux pilote Marussia quelques mois plus tard.

Cet outil de protection n'a jamais fait l'unanimité auprès des pilotes lors de son avènement. Néanmoins, il a démontré sa raison d'être à plus d'une reprise, comme lors de l'accident entre Fernando Alonso et Charles Leclerc au départ du GP de Belgique 2018.

"Quel idiot j’étais de m’opposer au Halo!", a d'ailleurs avoué Grosjean dans ce même documentaire. "Aujourd’hui je peux dire : "merci Jules" car il m’a d’une certaine manière sauvé la vie…"