Le nouveau champion du monde GP2 aura sa chance en F1… au plus tard en 2017.

Déjà prêt pour la F1 cette saison après un titre de vice-champion et de meilleur rookie en GP2 en 2014, Stoffel Vandoorne a déjà dû repousser d’un an ses légitimes espoirs d’accéder à l’échelon suprême. En attendant, le Junior McLaren avait pour mission de décrocher haut la main la couronne en GP2. Ce qu’il a fait avec brio. Son bulletin 2015 est excellent. Tout le monde est élogieux à son égard dans les paddocks. Les Belges le comparent à Jacky Ickx et les étrangers, à un certain Lewis Hamilton, sacré en survolant, comme lui, la GP2 en 2006. À cette époque, le Britannique était lui aussi couvé par McLaren et pilotait pour ART GP. Comme Stoffel cette année.

"Et rappelez-vous que dès ses débuts en F1 en 2007 aux côtés d’Alonso, il a failli être sacré", souligne le nouveau champion belge de GP2.

La comparaison s’arrête-là. Car il y a huit ans, McLaren était encore une écurie gagnante avec huit succès sur la saison. Or depuis le retour de Honda, l’équipe de Woking vit une année noire, l’une des plus dures de son histoire.

Ne doutons pas que s’il pouvait remplacer Nico Rosberg l’an prochain chez Mercedes, Vandoorne monterait sur les podiums et remporterait son premier GP, 26 ans après Thierry Boutsen en Hongrie. Il en a le talent, c’est une évidence. Mais dans une F1 sclérosée par l’argent avec plus d’une moitié de pilotes payants apportant des millions d’euros, le don financier est plus important que celui naturel. Il existe bien sûr quelques exceptions comme Max Verstappen, mais elles se font de plus en rares.

Ce n’est toutefois pas pour l’argent (il coûte 10 millions par an) que McLaren a choisi de garder Jenson Button en 2016 aux côtés de Fernando Alonso. Pour espérer revenir un jour au sommet, McLaren et Honda ont besoin de pilotes d’expérience. Mais quand on voit les résultats actuels des MP4-30, on se dit que cela vaut peut-être mieux d’encore patienter un peu plutôt que d’aller écumer les fonds de grille.

Certes, il reste bien deux autres possibilités : Renault et Manor-Mercedes. Mais les managers de Stoffel ne seraient pas très chauds pour le placer dans une écurie en plein redressement, avec un moteur pas au top et Pastor Maldonado comme leader. Quant à Manor, il faut débourser très cher pour la certitude de jouer les dernières places. Or McLaren cherche déjà des sponsors pour elle-même et estime qu’un pilote de la valeur de Stoffel mérite sans doute mieux qu’un baquet au plus offrant.

Même s’il dit "être un racer et voulait faire la course", Stoffel risque donc de devoir encore ronger son frein et patienter une année de plus dans le rôle de réserviste McLaren. Avec peut-être des essais libres le vendredi matin (ce que n’a pas eu Kevin Magnussen cette année) pour engranger un peu d’expérience et garder la main. Avec la garantie sans doute de pouvoir remplacer Jenson Button en 2017 dans une monoplace enfin au point on l’espère.

À 23 ans, il est difficile de faire preuve de patience. Surtout avec un palmarès comme celui de Vandoorne. Pour la Belgique entière aussi c’est dur à comprendre. Mais notre champion GP2, lié à McLaren, n’a en réalité pas vraiment d’autre choix que d’attendre : "En F1, les choses évoluent vite." Mais attention, les décideurs ont aussi la mémoire courte…