L’Allemand traite Pirelli de menteur et entretient la polémique

MONACO Si l’usure des pneumatiques ne devrait pas poser le moindre problème ce week-end avec les gommes tendres et super-tendres proposées par Pirelli sur un tracé urbain où la dégradation est faible, Sebastian Vettel a poursuivi, en marge du Grand Prix de Monaco, son lobbying pour un changement fondamental des pneus en vue du prochain GP du Canada.

Red Bull pensait avoir récemment obtenu gain de cause lorsque le manufacturier italien, sous la pression des certaines écuries mais aussi de Bernie Ecclestone (après un long coup de téléphone de Dietrich Mateschitz suite au dernier GP d’Espagne), avait annoncé de “nouvelles gommes dès le Canada” .

Une décision suite à laquelle Ferrari et Lotus se sont plaints à leur tour, rappelant qu’un “changement des règles du jeu en cours de saison ne pouvait avoir lieu qu’avec l’accord unanime des équipes” .

La FIA qui avait demandé à Pirelli de fournir des pneus garantissant deux ou trois arrêts par GP est ensuite intervenue en limitant leur champ de réaction : “Ils ne pourront pas modifier la structure des gommes.” Du coup, même Bernie a tourné sa veste stipulant qu’il fallait désormais plus “utiliser sa tête pour gagner un GP” .

Mais il y a, bien sûr, une exception à l’interdiction immédiate de changement : la sacro-sainte “question de sécurité” . C’est donc sur ce terrain que Red Bull a contre-attaqué. À les entendre, on croirait que les Pirelli sont aussi dangereux que les Michelin explosant sur l’ovale d’Indianapolis en 2005…

“Je ne veux pas parler en mal de quiconque, mais ils doivent faire un meilleur travail” , a déclaré le triple champion du monde dans le paddock de Monaco. “Des pilotes ont vu leurs pneus souffrir, ont eu des problèmes de délamination (NdlR : Hamilton, Vergne et Di Resta). Pirelli dit que c’est parce qu’ils ont roulé sur des débris, mais ce n’est pas vrai. Cela arrive parce que les pneus ne sont pas suffisamment bons; donc ce n’est pas une situation sécuritaire. Les pneus produisent beaucoup de billes, ce qui peut être dangereux. Il faudrait être plus prudent. La dernière chose que nous voulons voir, c’est un gros accident. Imaginez cela ici à Monaco, au bout de la ligne droite, si un pneu subissait une défaillance…”

Vettel y va fort en prenant même Monaco pour exemple alors que les risques ici sont réduits et que plus rien ne peut être fait pour changer. Faut-il dès lors boycotter le GP de dimanche ? La réponse est bien sûr négative. “Quand on gagne trop facilement pendant des années, il est difficile de perdre” , a réagi Fernando Alonso avouant avoir dû adapter son style aux pneumatiques ne permettant plus “c’est vrai, d’attaquer d’un bout à l’autre. C’est un paramètre comme d’autres à gérer” .

Une nouvelle règle du jeu. Comme le sera en 2014 l’introduction du V6 Turbo. Red Bull qui se croit désormais omnipotente oserait-elle réclamer le retour aux actuels V8 après cinq courses si son nouveau moteur Renault ne marchait pas comme elle le souhaite ? Allons, un peu de sérieux, SVP. À force de trop de lobbying et de politique dans les couloirs, la F1 perd de son crédit aux yeux du grand public. Et Red Bull, de son image sympathique et fun...



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