Il y a des traditions qui se respectent à Francorchamps. Même en plein mois d’août, on n’est jamais à l’abri d’une averse. Déjà venu très nombreux hier, avec franchement déjà plus de monde qu’au départ de 24 Heures de Spa, le public en a fait l’expérience, quelques ondées ruinant la première séance libre matinale remportée, sur piste à moitié humide, par la Ferrari d’Alonso. Toujours bon pour le moral même si cela ne signifiait strictement rien.

Avec le retour d’un magnifique soleil, les nonante minutes de l’après-midi s’avérèrent nettement plus intéressantes.

Et que ce soit en pneus durs (orange) ou en mediums (les blancs), le verdict fut le même avec la Red Bull de Sebastian Vettel bien devant. Seul son équipier Mark Webber réussit à prendre le sillage du triple champion du monde en pointant à 59 millièmes de son équipier. Mais tous leurs concurrents pointaient à plus de huit dixièmes. Des écarts déjà inquiétants…

Seul - gros - nuage dans ce ciel bleu Red Bull, à vingt minutes de la fin de séance, l’Allemand rentra au stand avec un pneu arrière droit explosé. "Ce n’est pas de ma faute, je n’ai pas mis mes roues au-delà d’un vibreur", expliquait le confortable leader du championnat. "On va analyser cela…"

En espérant qu’on ne revive pas l’épidémie de Silverstone (un autre circuit très rapide) et que le GP ne tourne pas à la catastrophe. "Il va falloir surveiller cela car j’ai vu une grosse cloque dans le pneu arrière de Van der Garde et moi aussi je suis rentré avec un pneu en piteux état", expliquait Fernando Alonso regrettant le temps perdu en matinée. "Je ne pense pas que cela pose un vrai problème", rassurait Webber. "Sinon l’équipe m’aurait fait rentrer à vingt minutes de la fin."

Pas de stress particulier non plus du côté de Lotus : "Ce que je pense de l’explosion du pneu de Vettel ? C’est notre seule chance de gagner", s’exclamait en souriant Romain Grosjean, le meilleur du groupe de chasse composé de Massa, Vergne et Raikkonen. "Les Red Bull sont impressionnantes ici", poursuivait le jeune papa à l’origine du gros carambolage au départ l’an dernier. "Je suis surpris de l’écart. Ils peuvent rouler avec moins d’appui, ce qui leur donne une excellente vitesse de pointe."

Et les Mercedes ? Les Flèches d’Argent pointaient à de modestes 9e (Rosberg) et 12e rangs. "On s’est fourvoyé dans les réglages. On a manqué de temps de piste mais la pole reste jouable", estimait Hamilton. Et Nico Rosberg de conclure en rigolant : "Le principal enseignement c’est qu’il va pleuvoir dimanche. Alors pas de panique."