Formule 1

En collant plus de sept dixièmes à la Mercedes d’un Nico Rosberg avouant avoir "tout donné", Sebastian Vettel n’a laissé planer aucun suspense sur la séance qualificative du GP d’Inde, seizième manche du Championnat du Monde de F1. Il aura suffi d’un seul train de pneus tendres pour que l’Allemand atomise une concurrence sans doute dégoûtée par une suprématie nuisible à la F1.

"Depuis vendredi matin, nous n’avons aucun souci avec la voiture", a déclaré le N°1 de chez Red Bull. "Nous n’avons quasiment rien changé. La qualification s’est déroulée mieux que nous le pensions. C’est un circuit magnifique avec une voiture extraordinaire. J’aime beaucoup cette piste, en particulier le deuxième secteur. Lorsque votre monoplace se comporte de la manière dont vous souhaitez, vous prenez vraiment beaucoup de plaisir."

Même si ce dimanche devrait théoriquement être celui de son quatrième sacre mondial, Seb s’efforce de faire en sorte que ce week-end soit comme les autres. Son attitude à la fin de la séance qualificative, lorsqu’au lieu de célébrer son exploit il s’est efforcé de refroidir ses freins avec un ventilateur, en disait long sur sa détermination.

"J’essaie de ne pas penser à la victoire. C’est vrai qu’on a bien réussi ici par le passé (ndlr : deux poles et deux succès en deux éditions) mais il reste encore à concrétiser et je n’ai aucune raison de changer d’état d’esprit avant la course", a-t-il dit. "On sait qu’elle sera longue. La stratégie va jouer un rôle important. La dégradation des pneus Pirelli aussi. Mais on a un ensemble qui est super. On va essayer d’en tirer le maximum."

S’il termine dans le Top 5 ce matin (départ à 10h30 chez nous), le pilote d’Heppenheim sera sacré pour la quatrième année consécutive. Et même s’il devait abandonner ou ne marquer aucun point, Fernando Alonso doit impérativement terminer dans les deux premiers pour repousser l’échéance à Abou Dhabi, la semaine prochaine.

Chez Mercedes, même si Lewis Hamilton se disait satisfait de sa 3e position, on ne se berce guère d’illusions pour la course, les Flèches d’Argent ne rivalisant pas avec la RB9 sur les longs runs en pneus médiums. Des gommes plus dures pour lesquelles ont volontairement opté Mark Webber (4e), mais aussi Fernando Alonso (8e) sur sa Ferrari. "C’est un pari, on verra s’il s’avère payant," confiait l’Australien convaincu que sa seule chance de battre son équipier est de miser sur une stratégie différente. "Les gommes tendres se détériorent très vite. Les premiers devront repasser très tôt par les stands. On tentera d’en profiter pour passer devant," espérait l’Espagnol de la Scuderia contraint de prendre un nouvel envol de rêve pour tenter de gagner d’emblée quelques places au détriment de son équipier Massa (5e), Kimi Raikkonen (6e) ou Nico Hulkenberg (7e) à nouveau en évidence sur la Sauber. Mais bien loin, comme tous, d’un Sebastian Vettel évoluant sur une autre planète.