Et, du coup, on reparle de Montoya chez Ferrari

ENVOYÉ SPÉCIALÀ MONACO OLIVIER DE WILDE

MONACO Quelle fut dimanche l'importance du rôle joué par Michelin, vainqueur pour la 2e année consécutive en Principauté et plaçant six monoplaces dans les points? Enorme, c'est une évidence. Michael Schumacher aurait-il égalé le record de succès monégasques d'Ayrton Senna si sa Ferrari avait été chaussée par Bibendum ? A voir les écarts à l'arrivée, on peut le penser. Mais ceci n'enlève bien sûr rien au grand mérite de Montoya, le champion interdit de conduite sur le territoire français suite à un retrait de permis de deux mois le 11 mai dernier après avoir été flashé à 204 km/h à bord de son 4x4 BMW X 5 sur l'autoroute A 8. «Oui, Michelin a fait de l'excellent travail, reconnaissait un Colombien particulièrement ému. Mais Raikkonen possédait les mêmes enveloppes que moi. Avec Ralf en pole et ma victoire, en distançant Renault et en battant McLaren et Ferrari, nous avons désormais récupéré notre place dans le Top 3

Une analyse confirmée par son ingénieur en chef Patrick Head. «Hormis en Australie, nous avons effectivement un peu peiné en ce début de saison. Mais depuis l'Autriche, nous sommes revenus dans la course. Désormais, on comprend mieux le fonctionnement de notre FW 25, enfin en bonne adéquation avec nos gommes. On sera à nouveau devant, dans quinze jours à Montréal.»

Troisième aux essais dans les alpes styriennes comme au pied du Rocher, le sprinter sud-américain, dix fois en pole en quarante départs, n'a pas encore réussi cette année à s'imposer le samedi. Ni même encore à s'élancer en première ligne. «En 2002, j'ai effectivement signé sept fois le meilleur temps en qualifications, mais jamais je n'ai réussi à transformer l'essai. Cette année, je signerais de suite pour le scénario inverse: zéro pole mais sept victoires! J'aime bien tous les circuits et particulièrement le Canada. Mais tout le monde sait qu'avec le nouveau règlement les essais ne sont plus très significatifs. Ils ne reflètent, en effet, plus vraiment la performance pure.»

Avec cinq lauréats différents (représentant quatre écuries) en sept courses, le championnat 2003 est décidément très ouvert même si, chez les pilotes, la lutte semble plus que jamais se circonscrire entre Kimi Raikkonen (48 points) et Michael Schumacher (44) dont les équipiers, une nouvelle fois bien décevants le week-end dernier, risquent bientôt d'entendre à nouveau parler de consignes. Peut-être la seule manière pour Barrichello de renégocier une dernière fois son contrat. Même si, à force de voir ses ternes prestations, on peut souhaiter qu'un réel espoir prenne vite la place du Brésilien. Son jeune compatriote Massa par exemple, l'Italien Fisichella (déjà habitué à faire beaucoup de passes à Schumi au football) ou alors... Juan Pablo Montoya qui, selon la presse transalpine, aurait entamé les négociations avec la Scuderia non pas pour remplacer son pote Rubinho mais carrément le quintuple champion du monde au cas où ce dernier refuserait les 50 millions d'€ pour prolonger son contrat au-delà de 2004.

LES PLUS BELLES PHOTOS - LES CLASSEMENTS -->

© Les Sports 2003