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Au volant d'une vieille Corolla WRC, Dudu ne s'élancera pas favori du Rallye de Wallonie

Automobilisme

JAMBES Depuis qu'il a débuté sa carrière en rallye, voici tout juste dix ans, par une brillante sixième place sur une petite Saxo Challenge au Circuit des Ardennes, François Duval en rêve.

"Cette épreuve avait été remportée par la Corolla WRC de David Loix", se souvient-il. "Et tout le monde sait que j'ai grandi dans le garage Toyota familial de Cul-des-Sarts. En tant que débutant et amateur de la marque, rouler sur cette voiture qui était le top du WRC avant que Toyota ne se consacre à la F1 constituait le but ultime. Mais à l'époque, piloter une telle auto était impayable. Je devais me contenter de la Celica de mon père avec laquelle j'ai fait des meilleurs temps que les Corolla, notamment à Roulers."

Et même s'il est vite devenu pilote d'usine, même s'il a gagné une manche mondiale en Australie et s'est imposé comme un des meilleurs rallymen du mon- de, Dudu a gardé son rêve d'adolescent attardé. "Au shake-down du Rallye d'Allemagne 2007 où je roulais avec la Citroën jaune, je m'élançais derrière la Corolla WRC d'Erik Wevers. Et je lui avais dit que j'aimerais bien disputer une cour- se avec son auto. J'ai toutefois été surpris lorsque Philippe Goddé m'a appelé pour me proposer cette Corolla pour le Wallonie."

Un coup de téléphone à John Muth (l'ex-équipier de Snijers et de Duez a fini 2e de cette épreuve avec François en 2007 sur une Porsche) pour trouver les quelques sponsors nécessaires (avec notamment le retour de Kizz Me qui a, heureusement, changé de propriétaire...) et le tour était joué. François prendra demain soir, à la Citadelle de Namur, le départ du Wallonie avec le numéro 1 sur les portières.

"Je ne suis pas favori. Tsjoen et Snijers sont bien mieux équipés que moi. Je n'aime pas partir en premier, ouvrir la route, car je ne peux pas voir les traces des autres et puis je n'ai pas les temps de mes rivaux à l'arrivée et cela m'énerve."

C'est dire si François n'est pas juste là pour amuser la galerie. "Wevers m'a dit qu'il était impossible de rivaliser avec les plus récentes Subaru et Ford. Mais, même si ma voiture n'est pas aussi évoluée que celle de Melissa, je vais faire le maximum pour ne pas être largué sur ce très beau parcours."

On peut compter sur lui. S'il n'aime pas le n°1, Obélix adore, en revanche, finir premier.



© La Dernière Heure 2009