Equipier de Valentino Rossi sur l'Audi N°46, Frédéric Vervisch a constaté comme que le non respect des limites de la piste restait un grand problème à Francorchamps.

"Honnêtement, la grande tribune est bien pour les spectateurs et le nouvel asphalte entre Bruxelles et le Speaker Corner est chouette car il donne plus d'adhérence, mais pour le reste je ne comprends pas comment on a investi autant d'argent pour toujours parler des mêmes problèmes de sécurité et de non respect des limites de la piste. Les dégagements sont plus larges certes, mais on peut toujours avoir le même accident au sommet du Raidillon avec une voiture qui part à gauche tape et revient sur la piste pour se faire percuter par une autre. D'autant qu'avec la nouvelle configuration, pas mal de pilotes osent encore plus passer à fond. Je suis pour le retour des bacs à graviers, mais il fallait en mettre partout et plus proches des vibreurs."

Mais cela n'aurait pas été homologué par la FIM. Que faut-il donc faire pour que les pilotes respectent enfin les limites de la piste et ne coupent pas des quatre roues comme 70% d'entre-eux au Raidillon ou à la sortie de la chicane? "Vu qu'il est trop tard pour mettre des bacs à graviers, moi je dirais qu'il faudrait mettre des murs de pneus. Je vous garantis que s'il y a un mur de pneus après la bande verte après la chicane, tout le monde gardera de la marge."

Ou un mur en béton. Regardez au dernier GP du Canada, personne n'est allé chatouiller cette année le "Mur des champions".

Un autre problème a été créé par le proximité des bacs aux Combes ou à la sortie du Speaker Corner: "Il y a des graviers partout, cela glisse et favorise les crevaisons."

Mais pire encore: "A force d'aller au-delà des vibreurs, il y a une marche qui se creuse et atteint par endroits 10 à 12 cm. Du coup, le coin extérieur des vibreurs devient comme un couteau."

G.O. des 24H, Laurent Gaudin nous assure que SRO ne va pas rester les bras croisés. "On doit mettre les pilotes qui s'en foutent complètement et ne respectent pas le circuit au pas dès les essais du jeudi. Il y aura des contrôleurs rien que pour cela dans les virages posant problèmes et des sanctions vont tomber. Et les 24H peuvent se perdre sur un Drive Through."

Pourquoi ne pas aller plus loin en installant des gendarmes couchés ou d'autres systèmes dissuasifs endommageant les voitures ou vous faisant automatiquement crever: "Car toute installation doit être homologuée par la FIA, la FIM et la F1 ici. Ce n'est pas simple. N'allez pas croire qu'on peut décider de mettre une herse"

Un système de balise électronique sur les voitures est en cours de développement mais n'est pas encore totalement au point.

Fred Vervisch pense que les crevaisons ou le retour des bacs à graviers peut influencer le résultat des 24H: "Il faudra plus que jamais essayer de rester en dehors des problèmes et des pénalités. Regardez cet après-midi Valentino a fait un petit tête-à-queue au virage de Bruxelles et a terminé avec les roues arrière dans le bac. Plus moyen de repartir. Il a perdu six minutes soit plus de deux tours. Cela nous arrive en course et tout espoir de Top 5 s'envole."

L'Italien est-il compétitif? On l'a vu tourner en 2.19.6 le tour avant sa petite faute. "Oui, mais il avait coupé la chicane," sourit Fred. "Mais globalement il marche bien ici. En rythme de course, je dirais qu'il est à une seconde de Charles Weerts ce qui est pas mal du tout. Et dans le trafic, il est bon. S'il peut rouler dans un bon rythme sans faire de faute et que Nico (Muller) et moi pouvons faire par exemple les huit dernières heures, il y a peut-être moyen de jouer le podium. Nous avons déjà terminé Top 5 aux 6H du Castellet. L'important sera de rester dans le tour du leader. Après, il faut un peu de chance avec une voiture de sécurité pour nous relancer dans la course."