C'est assurément une des images fortes de ce Grand Prix d'Arabie saoudite : la colère noire de Toto Wolff dans les secondes qui ont suivi l'accrochage entre Lewis Hamilton et Max Verstappen, le directeur de l'écurie Mercedes allant jusqu'à jouer les Günther Schmidt du 21ème siècle en projetant avec force son casque-radio !

Le manager viennois avait de quoi ne pas être content au vu de déroulement pour le moins électrique de l'épreuve. Aussi bien dans le fief de Hamilton que de Verstappen, la course fut très loin d'être propre. Bien entendu, le patron de l'écurie allemande a prêché sa chapelle et défendu son pilote en accablant le rival hollandais qu'il accuse de ne pas avoir été correct pendant le Grand Prix.

"Bose fait de très bons produits mais ils devraient améliorer la robustesse de leurs casques !", rigole Toto Wolff, interrogé par Canal+. "Plus sérieusement, je ne veux pas laver mon linge sale ici, c’était spectaculaire mais ce n’était pas une belle course. Le pilotage doit être vérifié et jugé. C’est rugueux, très rugueux, peut-être parfois au-delà de la limite. Nous voulons un championnat où le titre se joue à la loyale, et que le meilleur pilote gagne. Si c’est Max qui est champion à Abou Dhabi, je serai en paix avec ça, mais la course doit être propre. Il faut désormais que je regarde la course, calmement, pour constater si c’était vraiment trop antisportif. Mais les commissaires regardent aussi et prendront leur jugement".

Dans les boxes voisins, on a aussi de quoi pester. Les deux pontes de Red Bull que sont Christian Horner et Helmut Marko ne digèrent pas les sanctions infligées à leur protégé. Pour eux aussi, il faut que Michael Masi et son équipe revoient leur copie afin de proposer des débats équilibrés à Yas Marina. Un titre qui se joue sur tapis vert serait la pire des pubs pour la F1, après tout...

"Si Max fonce sur Hamilton, c’est une pénalité, si Hamilton le pousse hors de la piste, alors apparemment, tout à coup, c’est une infraction insignifiante", lâche Marko, conseiller sportif de Red Bull. "Ça ne peut pas continuer comme ça. Les règles disent que vous ne pouvez pas être plus de dix longueurs de voiture derrière. Mais Lewis l’a fait et a mieux préparé ses pneus pour le redémarrage. Nous voulons le prouver maintenant avec des données. Il semble que les règles soient utilisées un peu différemment en fonction des pilotes. Je signale que quand Hamilton a percuté notre voiture, il a entaillé le pneu arrière de notre voiture. C’était tellement grave que Max ne pouvait plus attaquer et a dû ralentir".

Et Christian Horner, team principal de l'écurie au taureau rouge, d'en rajouter une couche et s'asséner une pique à Michael Masi : "Charlie Whiting nous a manqué aujourd’hui. Nous sommes surréglementés et l'arbitrage laisse à désirer. Il y a des règles concernant 10 longueurs de voiture, un tour de formation n’est pas un tour de formation s’il s’agit d’un redémarrage. C’est évidemment frustrant, c’est difficile pour Michael et les commissaires, en particulier sur ce type de circuit, avec la quantité de débris et les types de virages. Mais c’est la même chose pour tout le monde. Il y a de nombreuses leçons de cette course qui seront discutées en détail au cours des prochaines semaines. Nous allons en parler longtemps".

Il n'y aura pas que de la tension entre Hamilton et Verstappen. Il y en aura aussi entre leurs patrons respectifs. En espérant que les débats redeviennent plus courtois à Yas Marina. Un voeu pieux ?