Maîtres des lieux, les Nordiques et Peugeot demeurent invaincus au Rallye de Suède

KARLSTADT Les traditions dans le Grand Nord, c'est sacré. Comme ces bains d'eau bouillante pris dehors et de nuit par moins trente degrés à l'hôtel où crèche François Duval, à la périphérie de la cité universitaire de Karlstadt. Ou comme la légende -non vérifiée- voulant que les filles locales soient blondes aux yeux bleus, peu farouches et nettement plus chaudes que le climat.

Une coutume bien respectée par contre dans les forêts du Värlmand où se dispute traditionnellement la 2e manche du Championnat du Monde des rallyes est la domination des pilotes nordiques, toujours invaincus en 52 éditions, et plus récemment de Peugeot, lauréat ces quatre dernières années avec sa 206 WRC après deux succès en 1985 (Vatanen) et 1986 (Kankkunen) à l'époque des 205 Turbo 16. Sans doute est-ce parce que la marque au Lion a souvent fait confiance à des Finlandais.

Pour que ces incroyables séries se poursuivent, on devrait obligatoirement assister dimanche à la victoire de Marcus Grönholm, en passe de prolonger son contrat avec Peugeot jusqu'en 2006. La première d'une 307 WRC quatre ans tout juste après la première d'une 206 WRC et du double champion du monde, vainqueur en Suède en 2000, en 2002 et en 2003, son compatriote Rovanpera (absent cette année) assurant l'intérim en 2001.

Ils se réchauffent à l'alcool dès 9h du matin

Car même si les milliers de fans locaux se réchauffant à l'alcool et déjà saouls en bord de spéciale à 9h du matin fondent beaucoup d'espoirs dans le jeune Daniel Carlsson disposant pour la toute première fois d'une Peugeot 206 WRC, il semble clair que la seule Lionne à pouvoir s'imposer est bien celle du grand Marcus, 4e lors d'un Monte-Carlo qu'il déteste. Et sans vouloir offenser le tout jeune Mikko Hirvonen (Impreza) ou le débutant en tant qu'officiel Ford Janne Tuohino, Grönholm se retrouve quasi seul pour défendre le titre d'invincibilité des Nordiques.

Une domination que contesteront cette année les pilotes Citroën Sébastien Loeb et Carlos Sainz, le vieillissant Matador rêvant de réussir le même exploit qu'en Finlande où il mit fin à des décennies de règne des hommes venus du froid. Mais aussi l'Estonien Markko Martin (Ford), voulant profiter de l'occasion pour s'emparer du leadership du championnat, ou le Norvégien Petter Solberg (Subaru). Un champion du monde 2003 comptant énormément de supporters autour d'Hagfors, véritable plaque tournante de cette joute hivernale où les pneus aussi étroits que des roues de bicyclette sont plus cloutés qu'un lit de fakir.

Des chutes de neige sont prévues

Même si cette année, les températures positives de ce milieu de semaine ont entraîné le dégel et la fonte d'une grosse partie de l'épais tapis de neige recouvrant les 19 spéciales, la terre refaisant surface par endroits sur 20 à 50% du parcours, avec les risques d'annulation que cela engendre. Heureusement que l'épreuve sur un lac gelé est supprimée depuis plusieurs années. Et que l'on annonçait une rechute du mercure et de 1 à 5 cm de neige pour aujourd'hui car les WRC ne sont pas équipées ici pour rouler sur un mélange de boue et de soupe.

Surtout pas les 307 WRC dépourvues pour le moment de différentiel central électronique et souhaitant un grip uniforme. «Les changements constants d'adhérence ne nous ont pas aidés à Monaco», confirmait un Freddy Loix pointant logiquement son équipier comme grand favori. «Grönholm peut gagner, j'en suis convaincu. Les tests dans la région se sont très bien déroulés. Notre 307 WRC est prête pour remporter sa première course.»

Et il est clair comme le jour, ici surtout, qu'il n'y a pour l'instant pas photo-... finish entre Marcus et son allié belge.

© Les Sports 2004