Après que le comité olympique ait demandé à toutes ses fédérations d'interdire les athlètes russes à leurs compétitions, la FIA s'apprête-t-elle à faire de même ? Le nouveau président Mohamed Ben Sulayem a provoqué ce mardi un Conseil Mondial extraordinaire pour statuer sur la présence ou non des pilotes russes au départ des compétitions automobiles en 2022.

Après avoir communiqué officiellement sur le retrait du GP de Russie de Sotchi de son calendrier, la Fédération pourrait refuser de donner au pilote F1 Nikita Mazepin sa Superlicence. Il faut dire que le "très moyen" pilote russe ne doit sa présence au plus haut niveau qu'à la valise de roubles d'Uralkali, la société de son papa, un des amis proches de Vladimir Poutine aux côtés duquel il n'hésite pas de s'afficher. Si l'absence possible de Nikita n'aura aucun impact sportif (Pietro Fittipaldi à court terme mais peut-être aussi Antonio Giovinazzi avec toujours le soutien de Ferrari sont les plus souvent cités pour le remplacer), elle pourrait mettre l'écurie américaine en difficultés financières.

Mais le cas Mazepin n'est pas isolé.

Si la publication de la liste des 62 équipes sélectionnées pour les 24H du Mans, prévue ce lundi, a été repoussée "pour des raisons administratives", en fait c'est simplement car devait initialement figurer deux équipages G-Drive, l'équipe de Roman Rusinov soutenue par Gazprom. Difficile à envisager pour l'instant. Cette équipe est aussi présente, en LMP2 et en LMP3, en European Le Mans Series avec des pilotes russes. C'est au sein ce team qu'on attendait l'officialisation de l'ex-pilote de F1 Daniil Kvyat. On sait que G-Drive soustraite avec l'écurie portugaise Algarve qui pourrait dès lors se retrouver sans programme.

Il y aura aussi des conséquences pour les organisateurs du Championnat du Monde de Tourisme (WTCR) qui devait aller à Saint Petersbourg avec un gros soutien financier de la ville. Pas sûr que les conditions financières soient les mêmes à Zolder ou à Pau...

En GT World Challenge, l'une des Mercedes de pointe, celle de AKKA et de Raffaele Marciello, est financée en grande partie par le pilote Silver Timur Boguslaskiy, tandis que les Ferrari AF Corse sont soutenues (comme l'écurie F1 auparavant) par la société de sécurité Kaspersky.

N'oublions pas non plus la filière russe SMP avec une dizaine de pilotes comme les ex-pilotes de F1 Sergey Sirotkin et Vitaly Petrov, mais aussi les espoirs Robert Schwartzman (F2) et Alexander Smolyar (F3) ou encore Mickael Belov (Eurocup).

En WRC2, l'un des favoris est aussi Nikolay Gryazin.

Bref, depuis quelques années déjà, l'invasion russe en sport auto est importante. Pilotes, teams, sponsors, circuits, ils sont partout. Et leur absence pourrait mettre pas mal de personnes en difficultés.

Attention toutefois à ne pas pousser le boycott russe trop loin. Ainsi, l'attachée de presse du team belge WRT s'appelle Daria Marina, une Russe vivant en Allemagne. Cette jeune fille doit-elle perdre son job car le président de son pays est un dictateur fou ?