Mikko Hirvonen se lance, lui aussi, dans le grand bain du Dakar.

Sébastien Loeb n’est pas le seul petit nouveau issu du WRC à se lancer dans le Dakar 2016. S’il n’a pas l’incroyable palmarès du Français, Mikko Hirvonen se prend lui aussi au jeu et défendra ses chances au volant d’une Mini Countryman All4 Racing, la même que le tenant du titre et grandissime favori à sa propre succession, Nasser Al-Attiyah.

Mikko Hirvonen n’a pas neuf titres mondiaux en WRC, mais il fut l’un des principaux rivaux de Sébastien Loeb. 15 victoires, 69 podiums et quatre fois vice-champion du monde: le Finlandais a traversé la discipline avec talent mais, comme d’autres, dans l’ombre d’un champion d’exception.

"En plus d’une volonté de passer plus de temps avec ma famille, je recherchais un nouveau challenge et il n’y a pas mieux que le Dakar comme défi", explique le Finlandais volant. "Je ne peux pas encore dire si je suis accro au Dakar mais, en tout cas, je suis très excité. Je le deviendrai sans doute après. C’est surtout le défi physique qui m’intéresse. Le Dakar est une course bien plus physique qu’un rallye WRC. Les étapes sont plus longues, les chemins, quand il y en a, sont en pire état."

Loeb, il va le retrouver sur sa route en janvier avec cette fois la possibilité de se doubler sur la piste, pas seulement par chronomètre interposé. Et si on devait miser une pièce dès maintenant sur le classement final des deux pilotes, pas sûr que l’Alsacien obtienne nos faveurs. Car à l’inverse de Loeb qui sera épaulé par son fidèle copilote Daniel Elena, complètement novice en rallye-raid, Hirvonen, lui, débarque avec l’expérimenté Michel Périn. Le pharmacien champenois a gagné quatre Dakar, trois avec Pierre Lartigue (1994, 1995, 1996) et un avec Nani Roma (2014). Périn a également été le navigateur de Carlos Sainz chez Volkswagen avant de renoncer à lire le roadbook à l’impétueux lion espagnol… En faire son navigateur, c’est déjà du temps de gagné pour Hirvonen.

"Tout ce que je sais du Dakar , c’est que c’est très dur", poursuit Hirvonen. "Michel Périn m’aide beaucoup à me familiariser avec le rallye-raid."

Depuis le rallye du Maroc, beaucoup de choses se mettent en place. Ces quelques jours dans l’Atlas lui ont fait comprendre qu’il fallait gérer sa course bien plus qu’en rallye traditionnel.

"Au début de la course, j’ai essayé d’attaquer fort et après quelques kilomètres, j’ai eu une crevaison", raconte Hirvonen. "Du coup, je me suis retrouvé dans la poussière pour le reste de la journée et le lendemain aussi. Il ne faut pas attaquer à 100 % comme on le fait en WRC mais trouver le bon équilibre, le bon rythme, ne pas commettre d’erreur, ne pas avoir de problème tous les jours. Bien sûr, il me reste beaucoup de choses à apprendre et nous devons acquérir suffisamment d’expérience pour être performant."

Les difficultés n’ont rien d’insurmontable et le Finlandais prend beaucoup de plaisir au volant de sa Mini. La voiture est très fiable et se révèle extrêmement rapide dans de nombreuses conditions. L’outil idéal pour appendre le rallye-raid, une discipline qu’il commence vraiment à aimer.

"La plus grosse différence, c’est de rouler dans le sable. J’aime bien ça. Je vais sûrement faire des erreurs mais j’y vais pour apprendre et j’espère ne pas trop en faire."

Ne comptez pas sur lui pour la victoire finale cette année. En revanche, le match avec son copain Loeb est lancé.

"En WRC, on sait au mètre près à quoi s’attendre. On peut être à l’attaque à 100 %. Sur le Dakar , on ne sait pas ce qu’il y a derrière une dune ou un virage. Du coup, il faut s’adapter physiquement car cela aide à rester concentré. Lorsque vous fatiguez, votre lucidité en prend un coup. En tout cas, je ne suis pas inquiet. Il me faudra trouver un équilibre entre vitesse et raison. Il s’agira d’ajuster la vitesse. Vous pouvez prendre des risques mais vous devez connaître les limites. Mes équipiers m’ont donné beaucoup de conseils, le plus précieux étant : ne te perds pas et ne reste pas coincé . Évidemment, je m’appuie beaucoup sur l’expérience de Michel. Il y a énormément de prétendants à une place parmi les dix premiers. Je serais personnellement ravi avec un Top 5 . Je suis bien conscient qu’il faut de l’expérience pour briller sur le Dakar . Cette première année est donc avant tout pour apprendre."

Et qui sait? briller très vite sur les pistes du Dakar, à l’image de ses illustres compatriotes… "J’ai quelques vagues souvenirs des victoires d’Ari Vatanen et de Juha Kankkunen, mais j’étais bien jeune. J’ai notamment en tête l’image d’un saut fantastique effectué par Ari au volant de sa Peugeot. Quand il a appris que j’allais faire le Dakar , Ari m’a envoyé un SMS sous le ton de la boutade, proposant de me donner des conseils."

Michel Périn, copilote: "Le Top 10"

"J’avais effectivement décidé de prendre ma retraite sportive, mais lorsqu’on m’a proposé le challenge d’épauler Mikko Hirvonen, je n’ai pas pu refuser. En l’espace de deux courses et d’essais intensifs ces derniers mois, Mikko a déjà beaucoup appris et ce sera mon rôle de transformer ce Dakar en cursus accéléré. Notre objectif ? Le Top 10 , mais j’espère que nous ferons un peu mieux, même si je crois dans les conditions climatiques extrêmes que nous allons connaître et vu le rythme qui sera imprimé à la course sur ce parcours plus roulant que d’habitude, il sera très difficile de ne pas commettre la moindre erreur en l’espace de 13 étapes et sur près de 7.500 kilomètres…"