Il est peut-être le plus américain des pilotes belges actuellement en activité. Jan Heylen vit l’American Way of Life depuis un moment désormais. Champion en IMSA, vainqueur des 24 Heures de Daytona, notre ancien représentant en Champ Car effectue un retour gagnant sous nos latitudes. Grâce à l’aura qu’il a acquise aux States, son ami gentleman driver Fred Poordad l’a convié à disputer ses premières 24 Heures du Mans sur une Porsche 911 RSR reconnaissable à sa livrée jaune et bleue bien voyante.

Et pourtant, alors que l’ami Jan a la quarantaine bien calée, il s’agit de sa première apparition dans la Sarthe alors qu’il méritait une place au Mans depuis de nombreuses années déjà. "Cela faisait depuis un moment que je souhaitais faire Le Mans", explique Jan. "Cela a toujours été un rêve pour moi mais vu que je me suis expatrié aux Etats-Unis, il y avait souvent des clashes de dates et je n’ai pu participer qu’à partir de cette année. Je suis là grâce à Fred qui est un bon ami américain et qui souhaite faire plus de courses internationales à compter de 2023"

Avec deux autres rookies en la personne de Fred Poordad et du tout jeune Maxwell Loot, Jan ne se fait pas trop d’illusions. L’objectif sera avant tout de finir. "Courir au Mans est une expérience fabuleuse", poursuit-il. "Mais pour notre première participation, nous devons rester réalistes. Si nous parvenons à terminer dans le Top 10 du GTE-Am, ce sera déjà très bien. Et si d’aventure nous finissons dans les cinq premiers de notre classe, ce sera considéré comme une victoire"

Heylen a de surcroît dû s’habituer à la Porsche répondant à la catégorie GTE. Une machine bien différente des GT3 auxquelles il est habitué. "La Porsche 911 RSR est une voiture pour grands garçons. Ce n’est pas la plus facile à manier pour les gentlemen drivers parce qu’elle n’a pas d’ABS et va très vite dans les virages vu qu’elle a beaucoup d’appui. Moi-même il m’a fallu du temps pour m’y habituer quand j’ai pris le volant pour la première fois"

Après Le Mans, Jan aura en tous cas un planning bien chargé. "Partir aux Etats-Unis depuis plus de 15 ans était pour moi la bonne décision. Aujourd’hui, je vis de mon métier de pilote, on me fait confiance pour renforcer des équipages. Je dois disputer entre 25 et 30 courses cette année. En plus, j’ai pu développer un business parallèle puisque je gère depuis plusieurs années une société commercialisant des vélos et une boutique de vêtements pour le cyclisme. Avec tout cela, je vois rarement ma famille restée en Belgique..."

Aux Etats-Unis comme au Plat Pays, beaucoup suivront l’évolution de Heylen et ses camarades.