«Pichon et Everts roulent à la limite!»


BRUXELLES Depuis la reprise des Championnats du monde, on attend Stefan Everts et c'est Joël Smets qui surgit! Pourtant, le géant des Flandres court deux lièvres à la fois puisqu'il est la seule des grandes vedettes du tout terrain à tenter sa chance dans deux catégories. Au départ, il ne s'agissait que d'un essai pour quelques Grands Prix, aujourd'hui, vu sa position - second en MXGP et leader incontesté en 650 - le rouquin de Dessel hésite à lâcher une des classes. Avant la deuxième manche du Championnat de Belgique, qui se déroulera dimanche sur le circuit de Kester, et la reprise du Mondial prévue en Italie le 1er juin, Joël Smets nous a confié ses états d'âme.

«Il serait dommage d'arrêter. Pour le moment, je marche bien dans les deux cylindrées et, en concertation avec KTM, je vais poursuivre l'expérience sur les deux fronts. Si les circonstances restent normales pourquoi pas jusqu'à la fin des championnats. Mais la saison est longue et je n'en ai jamais connu une année complète sans anicroche, même petite. Une blessure, un ennui mécanique et il sera alors bien temps de choisir l'objectif final.»

Comment jugez-vous votre début de saison après la 50e victoire en Grand Prix?

«Je ne m'attendais pas à cela et je suis très content de mes résultats, surtout que j'ai l'impression que je peux encore progresser. Il me reste du temps pour gagner en MXGP.»

Oui, mais il y a Pichon et Everts?

«Michael Pichon roule vachement bien et l'ensemble Suzuki/Pichon est très compétitif, mais c'est à nous d'y répondre et de trouver la parade. Pourtant, il me semble que Pichon, comme Everts d'ailleurs, a atteint sa limite, comme le prouvait la récente manche allemande où il eut du mal à se défaire de Crockard. Je pense que Gordon Crockard est dans le même cas que moi: il peut encore, lui aussi, progresser.»

Et Stefan?

«Stefan roule bien et est à son meilleur niveau. Mais, pour moi, son problème est, qu'année après année, il reste à ce même niveau, sans l'augmenter. Finalement, si l'on fait les comptes, Stefan ne remporte pas quantité de courses. Voyez l'an dernier, il a gagné quatre Grands Prix, j'en ai enlevé sept!»

Concourir dans deux catégories différentes un même jour, cela ne vous pose-t-il pas des problèmes?

«Physiquement, jusqu'à présent, non. Par contre, il me faut toujours deux ou trois tours pour me réhabituer à la 550. Si les châssis de ma 450 et de ma 550 sont identiques, il y existe malgré tout dix chevaux de différence. Puissance et vitesse de pointe sont donc plus élevées, on roule différemment et j'exploite plus le couple du moteur de ma grosse KTM en changeant plus vite les vitesses. Le timing est aussi différent à l'abord des difficultés et surtout des sauts. Avec la 450, on les attaque plein gaz, si je fais la même chose avec la 550, j'irai trop loin, dans le décor. Heureusement en 650, la concurrence est un peu moindre et me laisse le temps de me réhabituer à ma machine.

Précisément en 650, que pensez-vous des bonnes sorties de Cédric Mélotte?

«Hé, je compte sur lui et sérieusement encore! J'espère qu'il me donnera un coup de main et se glissera quelques fois à la seconde place. Je reste réaliste, je ne me vois pas gagner douze Grands Prix d'affilée et j'espère que si je ne l'emporte pas Cédric prendra cette première place. Malgré mes trois succès consécutifs, je n'ai guère d'avance au classement provisoire du championnat puisque Garcia Vigo m'a, à chaque fois, suivi directement. Oui, je compte sur Cédric!»

Malgré les prestations de Pichon et de sa 250, l'avenir est aux deux temps ou aux quatre temps?

«L'avenir du deux temps ne dépend pas du sport mais de l'industrie. Si les grandes marques y trouvent leur intérêt et si l'évolution technologique suit, le deux temps survivra.»

Pour l'an prochain, on parle beaucoup d'un retour aux deux manches pour le MXGP et de la disparition de votre classe de prédilection, la 650.

«Je crois que, sous la pression des usines concernées, la 650 survivra encore un an ou deux, mais il est logique qu'elle disparaisse, ne fusse que par souci de sécurité. La puissance est toujours plus grande et, un jour ou l'autre, il faudra réduire la cylindrée permise. En ce qui concerne le retour aux deux manches, j'ai toujours été pour. J'ai toujours connu cela et c'est l'essence même du motocross. Il ne viendrait à personne l'idée de réduire un match de football à une seule mi-temps. Mais, par contre, je ne suis pas contre des changements capables d'améliorer le spectacle et le plaisir du public.

© Les Sports 2003