Moteurs Le champion en titre se défend après le communiqué diffusé hier par Bernard Munster annonçant leur divorce.


C'est souvent la même chose dans un divorce. Il y a les deux versions. Et chacun a tendance à rejeter la faute sur l'autre. Ici, c'est clairement Bernard Munster qui a décidé de se séparer de son pilote, pourtant en route vers un deuxième titre national. Il n'a visiblement pas accepté que le champion en titre remette en cause le niveau de préparation de sa VW Polo, voiture au volant de laquelle Kris s'est imposé à trois reprises en début de saison.

En résumé, "Big Bernie" n'a pas accepté les critiques qui ont afflué durant tout le week-end dernier à Roulers concernant une voiture qui, selon Kris, avait un "loup". Et après démontage, analyse des datas mais aussi des images de la caméra "on board", il en a conclu que le principal problème venait du pilote, pas remis de son accident lors des tests en Allemagne.

Joint lors de ses vacances en Crète, Kris Princen s'est défendu et nous a donné sa version des faits.

"Jusqu'à l'envoi de son communiqué ce mercredi, je faisais encore confiance à Bernard. J'étais d'ailleurs disposé à refaire une séance de tests pour solutionner le problème avant l'East Belgium. Ce n'est pas la première tension entre nous cette année. Pendant deux ans, tout a fonctionné parfaitement avec la Skoda. C'était ma voiture et personne ne roulait avec. Je considérais BMA comme une top équipe. Mais cela a changé cette année avec les Polo louées beaucoup trop souvent au détriment de la qualité. Ce n'est plus Bernard Munster Autosport. C'est devenu Bernard Munster Location. BMMAX, il faut louer la voiture le plus souvent possible. A Roulers, mon auto n'était clairement pas prête. Il s'agissait de l'auto utilisée par Stéphane Lefèbvre en Allemagne. Elle n'était pas encore complètement délettrée lors du shake down. Elle ne disposait pas des bonnes suspensions. Elle perdait de l'huile. Et lorsque durant la course, j'ai demandé des plaquettes moins agressives pour atténuer le fait que les roues bloquaient à chaque freinage, on m'a répondu qu'on n'en avait pas. Vous savez, je fais du rallye depuis 25 ans. Je sais reconnaître une auto qui a un problème. Dans les spéciales sèches, je signais le scratch ce qui prouve bien que cela n'a rien à voir avec mon accident en Allemagne. Dès que les routes étaient sales, ma Polo constituait un danger. Elle réagissait très bizarrement. Elle était inconduisible. Des pilotes présents sur place m'ont dit qu'ils la voyaient louvoyer au freinage comme si le différentiel avait été monté à l'envers. Au lieu de me croire, Bernard a rigolé de moi. Il m'a dit que le problème était entre mes deux oreilles. J'étais démotivé par son attitude, mais j'ai continué à me battre pour ramener la quatrième place quand la voiture a été victime d'un début d'incendie suite à un souci de collecteur d'échappement. C'est aussi un problème entre mes deux oreilles cela? Clairement pour moi une conséquence de la sortie de route de Lefèbvre en Allemagne. J'avais des engagements que je voulais respecter. Ce n'est pas mon choix de quitter le team avec lequel j'ai connu beaucoup de bons moments. Je voulais laisser passer l'orage. Bernard en a décidé autrement. Cela s'est passé entre ces deux oreilles. C'est son choix, pas le mien. Dommage. Je vais bien sûr continuer à rouler et essayer d'aller chercher ce titre. Vous me verrez à Saint Vith et Huy avec une auto pour gagner, une Polo ou une Skoda, ce n'est pas encore décidé. Je vais montrer ce que je sais faire avec une auto qui fonctionne normalement."