Pilotes et machines vont souffrir sur ce parcours chaud et cassant

ATHÈNE Désormais basé dans le nouveau centre équestre Markopaulo construit pour les Jeux Olympiques de 2004, le Rallye de l'Acropole, dont la 54e édition a pris son envol hier soir avec une courte étape show, reste fidèle à sa - mauvaise - réputation : huitième manche du Championnat du Monde, la dernière avant la trêve estivale, l'épreuve grecque est, depuis la disparition du Safari, la plus cassante et la plus chaude du calendrier.

Avec une température ambiante flirtant à mi-journée avec les 40 degrés, 20 de plus dans des WRC transformées en Cocotte-Minute, et des spéciales rocailleuses et souvent très dures dignes parfois d'un décor lunaire, disputer l'Acropole n'a rien d'une attraction touristique. C'est plutôt un chemin de croix pour la majorité des pilotes n'appréciant guère ce supplice : "Il n'est pas très amusant de rouler sur des rochers en étouffant dans l'habitacle ", confie le jeune pilote Citroën Dani Sordo. "Il faut constamment se retenir pour ne pas tout casser. Ce n'est plus du pilotage mais du trial."

"Ce n'est clairement pas mon rallye préféré ", embraye son équipier Sébastien Loeb, 7 points désormais derrière Grönholm après sa bévue sarde. "Je n'aime pas faire souffrir ma C4. À tout moment, il est possible de taper une grosse pierre et d'en rester là. Le 2e jour, nous sommes obligés de rouler dans les rails creusés par les concurrents devant. Bref, c'est la loterie. Il faut vraiment de la chance pour gagner ici."

"Suivre l'exemple d'Athéna"

Celle qu'a eu l'an dernier Marcus Grönholm, bien décidé à récidiver aux commandes de sa robuste Ford Focus. "Je veux faire le break au championnat, conforter mon avance ici et chez moi en Finlande à la rentrée afin d'avoir une marge avant les trois manches asphalte de la fin de saison ."

L'objectif de Citroën est de recoller au score, tant chez les pilotes que chez les constructeurs où la marque au double chevron paye l'inexpérience de Sordo, jamais devant Hirvonen sur la terre : "La longue spéciale de 48 km à disputer deux fois samedi sera le juge de paix. Pour en sortir vainqueur, il faudra crever le plus tard possible" , plaisantait avant le départ Daniel Elena, l'équipier de Loeb, pour donner une meilleure idée de l'enjeu de cette épreuve tant redoutée.

Pour ne pas griller en enfer, les 20 pilotes de WRC suivront l'exemple d'Athéna, la déesse de la sagesse. "Mais attention, si vous levez trop le pied pour tourner autour des pierres, vous serez vite largués ", ajoute Mik- ko Hirvonen, principal arbitre, avec le terrain, du duel habituel Loeb-Grönholm.

Et les Subaru ? Victorieux à 5 reprises en 13 éditions, les Bleus avou- ent eux-mêmes ne pas avoir eu beaucoup le temps d'évoluer depuis la Sardaigne. Mais sur un sol aussi miné, avec 97 km de nouveaux tronçons, la performance pure importe moins. En Grèce, ce sont la fiabilité et la capacité à éviter les pièges qui feront la différence. De quoi, peut-être, nous réserver quelques surprises...



© La Dernière Heure 2007