Grönholm s'impose et reprend la tête du Mondial avec 7 points d'avance

OLBIA On commençait par croire qu'il était devenu invincible, indestructible, infaillible, une véritable machine à gagner. Le Schumacher des rallyes tuant tout sur son passage, y compris le suspense et l'intérêt. Et comme la chance sourit généralement aux audacieux, on ne voyait pas très bien ce qui pouvait encore empêcher Sébastien Loeb de remporter en Sardaigne son 33e rallye mondial, son 4e consécutif sur terre. Samedi encore, le pilote de la C4 avait eu du bol en évitant de toute justesse la roue de secours perdue par la Ford de Marcus Grönholm. "On s'est payé une grosse fra- yeur," racontait le triple champion du monde qui, au prix de quatre nouveaux scratches, avait porté son avance à 36 secondes sur un Grönholm résigné, déjà prêt à se contenter d'un premier accessit auquel il devient habitué.

Quand soudain, coup de théâtre ! Dans la première toute nouvelle spéciale disputée hier matin, les deux leaders partirent quasi simultanément à la faute. Et, pour une fois, le Finlandais n'était pas le moins veinard. Son tête-à-queue moteur calé ne lui coûtait que 17 secondes.

Pour Seb, par contre, l'addition s'avérait nettement plus lourde. Victime d'une sortie de route après 4 km environ, l'Alsacien se voyait contraint à abandonner sa C4, les dix points de la victoire et, par conséquent, la tête du Championnat du Monde. Une très mauvaise opération également au championnat constructeurs pour Citroën puisqu'en amenant le seul Sordo à l'arrivée derrière les deux Ford d'usine, la marque aux chevrons compte désormais 21 unités de retard.

"Je n'étais pas dans le rythme sur cette nouvelle spéciale," se désolait après coup Loeb. "Après un sommet, ma note pour un droite rapide était visiblement un peu trop optimiste. La voiture est sortie large et a tapé de l'arrière, ce qui l'a directement renvoyée au fossé où j'ai cassé un triangle avant gauche en heurtant une pierre. On a continué 3 km avant que la suspension ne s'affaisse. C'est de ma faute. Cela prouve au moins que ce n'est pas aussi facile que cela peut paraître de l'extérieur."

C'en était donc fini pour le champion... sortant offrant ainsi à Ford son 2e doublé de la saison. Et à son grand rival un succès qu'il n'espérait plus. De quoi permettre à Marcus Grönholm d'aborder la prochaine manche grecque avec 7 points d'avance. Qui a dit que ce championnat était ennuyeux ?



© La Dernière Heure 2007