Le rêve continue pour Verdonck

Moteurs

Olivier de Wilde

Publié le

Le Bruxellois débarque en F3000 à 18 ans

BRUXELLES Le conte de fées continue pour le jeune Ucclois Nico Verdonck. Un peu plus d'un an après avoir remporté la RACB Formula Renault Academy, moins de deux mois après avoir fêté son 18e anniversaire, le permis de conduire la voiture de son grand-père à peine en poche, notre espoir vient de signer un contrat longue durée en F 3000 avec le team belge Astromega. Dès le prochain GP de Saint- Marin à Imola, fin avril, le Bruxellois néerlandophone battra un nouveau record de précocité dans la discipline en devenant l'équipier de l'autre jeune talent belge Jan Heylen. Contrairement à son ex-rival en Formula Renault 1600 Jérôme D'Ambrosio, Nico Verdonck effectuera donc un bond immense en sautant plusieurs catégories pour s'installer dans le baquet d'une F 3000. Pas trop risqué?

«Le pas n'est pas plus grand que celui franchi par Raikkonen en passant de la Formula Renault 2000 à la F 1», estime un vice-champion belge gardant encore ce titre raté sur le fil en octobre dernier en travers de la gorge. «D'Ambrosio est un très bon pilote mais rien ne prouve qu'il soit meilleur que moi. Normalement, j'au- rais dû être couronné. Mais le team et moi avons commis quelques erreurs, surtout aux Spa Euro Race. Je regrette de ne pas avoir été sacré champion même si, aujourd'hui, ma carrière prend néanmoins l'envol souhaité.»

Et pour ne pas perdre de temps, Nico a directement opté pour l'anti- chambre de la F 1. «Je sais que cela va être très dur, mais je m'y prépare, tant mentalement que physiquement. Depuis cinq mois, je suis suivi par l'entraîneur de Johan Museeuw ou Frank Vandenbroucke. Lors de mes premiers tests en F 3000, à Francorchamps, puis à Valencia où j'étais malade et malgré tout à une seconde de l'Américain Bell, j'ai surtout souffert du cou. Mais c'est normal avec les G que l'on prend dans les courbes rapides. Dès les prochains essais FIA, les 16, 17 et 18 février à Jerez, il est prévu que j'effectue une simulation sur la distance d'un GP. Cela devrait aller.»

De toute manière, Nico aborde ce nouveau challenge de manière très décontractée: «Ma seule ambition pour cette première année est d'apprendre: les circuits et la discipline. Je me moque des résultats. Vu sa plus grande expérience, mon équipier Heylen a intérêt à être plus rapide que moi. Mais moi, je n'ai rien à perdre. J'ai une vision et un contrat à long terme, un peu comme Duval en rallye. Je ne ressens aucune pression. Et j'ai la chance d'évoluer dans un team que je connais déjà puisque j'ai roulé avec Astromega en 2003. Le patron Mikke Van Hool croit beaucoup en moi et va me donner les moyens d'évoluer. Il a déjà fait un gros effort financier pour que je puisse continuer avec lui. Car, finalement, je ne paye pas plus cher que pour une saison en F 3. Je ne pouvais pas refuser cette opportunité. C'est un risque mais ne faut-il pas en prendre dans notre sport?»

En prenant cette voie assez périlleuse pour un jeune ne possédant qu'une année de monoplace dans les jambes, Nico Verdonck deviendra-t-il le prochain Belge en F 1? «Je l'espère, oui. Quand je vois que j'étais trois secondes plus rapide que Piquet Jr dans ma Formule Renault 1600 l'an dernier à Spa, je me dis pourquoi pas moi.»

© Les Sports 2004

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