Entretien avec Pierre Delettre, organisateur des Boucles de Spa

SPA Pierre Delettre, six Clémentine au menu de cette 44e édition, une première?
"Non, à l'époque du père, on en a déjà fait huit. Aujourd'hui, cette superbe spéciale sur terre est devenue notre fonds de commerce. C'est grâce à elle que de nombreux équipages participent aux Boucles. Cette année, elle représente près d'un quart du parcours. Avec les 22 bornes de Stoumont, ce sera le juge de paix."

On parle d'une journée 100% terre pour 2002?
"C'est un rêve auquel on travaille effectivement. Des négociations sont en cours avec les communes de Ferrières et de Stoumont."

La première soirée du vendredi est supprimée. Pourquoi?
"Il existe trois raisons. La première est d'ordre pratique: on éprouvait de plus en plus de difficultés à trouver du personnel, des commissaires pour le vendredi soir. La deuxième est commerciale. Ainsi, toutes les équipes restent une nuit de plus à Spa. Enfin, les spectateurs, en majorité néerlandophones, qui n'arrivaient traditionnellement que le samedi matin pourront encore voir tout le monde."

Présentez-nous l'affiche 2001?
"Un beau duel entre Renaud Verreydt, tenant du titre, qui a l'avantage de bien connaître Spa et sa Seat Cordoba, et Kris Princen, qui découvrira la Peugeot 206 WRC championne du monde et n'a pas participé à la dernière édition. Pour des raisons fort diverses, les deux auront beaucoup de pression. Tsjoen (Toyota) constituera une inconnue et un arbitre possible au même titre que David Loix (Subaru), ce qui fait tout de même quatre belles WRC. En Groupe N, il y a au moins huit Mitsubishi candidates à un podium. Seul le plateau en Super 1600cc est décevant. En quantité aussi, je peux m'estimer heureux: 88 engagés sans formules de promotion, c'est pareil au Condroz."

Cette année, plus de chapiteau ni d'endroit où le public peut se rassembler. Pour quelle raison?
"Pour une question à la fois de coûts et de place. Pour faire marcher au maximum le commerce local."

Pourquoi n'y a-t-il généralement pas la même ambiance au centre de Spa qu'à Huy?
"Parce que la mentalité de la population locale n'est pas la même. Vous savez, à Spa, j'ai déjà eu affaire à pas mal de problèmes de hooliganisme. Je dois d'ailleurs faire interdire les bouteilles de bière dans les buvettes pour éviter que les spectateurs puissent les jeter sur les voitures."

La première du rallye motos ne rencontre pas le succès escompté.
"Parlez-en à Georges Jobé. C'est lui qui est chargé de réunir le plateau. Je lui ai dit que cela tombait en même temps que le Touquet mais cela ne l'inquiétait pas. Enfin, on devrait tout de même arriver à une quarantaine de concurrents."

Ne craignez-vous pas qu'un éventuel accident grave sur deux-roues puisse nuire à l'image et à la survie du rallye en général? Les politiciens risquent de faire l'amalgame.
"Vous savez, pour ceux qui veulent du tort au rallye, les pilotes c'est de la viande. Ce sont les spectateurs le problème. Je suis peut-être dur mais c'est comme cela. Chaque année en général il y a un mort aux 24 Heures de Liège motos. Et cela n'a jamais remis l'épreuve en question. Francorchamps a d'ailleurs déjà tué beaucoup plus que l'ensemble du rallye belge. L'avantage avec une moto en perdition c'est que cela va moins loin et cela prend moins de place."