Sanction immédiate suite à ses contre-performances

KARLSTAD Comme pour Bas Leinders lors de son premier test en F 1, le rêve de Freddy Loix est en train de virer au cauchemar. Après des débuts décevants à Monte-Carlo, notre compatriote a vécu deux journées en enfer en Suède, beaucoup trop loin de son équipier Marcus Grönholm prouvant que la 307 WRC peut se battre devant, peinant à suivre le rythme des meilleures 206 WRC privées. Et commettant même une erreur en essayant de forcer le rythme pour ne plus paraître ridicule.

De l'extérieur, on croirait revivre le mauvais scénario de 1999 chez Mitsubishi face à Makinen. Ou la triste histoire de Bruno Thiry chez Subaru face à Burns et Kankkunen. Encore épatant sur la neige suédoise ces deux dernières années avec la modeste Hyundai, notre Fast Freddy que certains détracteurs ont déjà rebaptisé Farce Freddy devançait péniblement une Accent privée. Franchement pas normal.

Mais que s'est-il donc passé? A 33 ans, le Belge démontre-t-il ses limites? Résiste-t-il mal à la pression d'une grande équipe? Ou bien existe-t-il une explication technique à ses contre-performances? Une chose est certaine, en 15 jours, Corrado Provera, lui aussi dans une cocote-minute après les titres perdus en 2003, a déjà changé de discours. La patience qu'il réclamait aura été fort limitée. «Les performances de Loix ne sont pas au niveau de la 307, a-t-il confié samedi sur le site officiel du mondial. Il est aussi déçu que nous. Le rôle de 2e pilote n'était pas prévu pour lui. Nous devons réagir vite pour ne pas gâcher nos chances au championnat constructeurs.»

Et la sanction a été immédiate. Dès hier, le patron de l'équipe Peugeot a renié la parole donnée aux journalistes belges avant le Monte-Carlo («Freddy participera aux 16 manches et sera nominé d'office pour les 4 ou 5 premières courses ») en lui annonçant qu'il ne participerait pas au prochain Rallye du Mexique, 3 e manche mondiale.

Le contrat du Belge ne prévoirait donc bel et bien que 10 manches. Et il y a fort à parier que sa mise à pied pour manque de performances se prolongera jusqu'au moment où Peugeot sera en mesure d'aligner une 3e 307 WRC, soit pas avant Chypre. Il ne sera sans doute alors plus nominé pour les marques, le nom de Colin McRae étant le plus souvent cité (avant celui du Suédois Carlsson disposant du même manager que Freddy ce qui pourrait favoriser un arrangement à l'amiable voire le retour de Rovanpera, dernier vainqueur au Mexique) comme remplaçant possible. «Certaines personnes veulent me mettre de la pression, mais il n'y a pas de fumée sans feu, estimait avec lucidité Loix avant d'apprendre une triste nouvelle qu'il ne put encore nous commenter. Peugeot a toujours prévu d'aligner une 3e voiture. Je me fous que McRae vienne ou pas. Mon seul objectif est de comprendre pourquoi cela n'a pas marché et ensuite de faire péter des chronos. Si ce n'est pas pour Peugeot, ce sera pour moi. Je ne veux pas me fâcher avec le team ou continuer à être frustré.»

Dans un contexte psychologique défavorable, le Belge tentait de rester zen. «Je ne doute pas dans mes capacités. L'explication est mécanique. Avant le départ, on a changé le visco-coupleur et ma transmission ne fonctionnait plus comme avant. Et dès le début, je me suis plains d'un manque de couple. Puis le moteur a commencé à ratatouiller. La courroie de distribution a sauté avant que le moteur ne rende l'âme dans l'ES 12 alors que j'étais 8 e . Vous avez déjà vu cela un moteur Peugeot qui casse? Maintenant ils vont peut-être croire qu'il y avait un problème...»

Visiblement, non. Car la direction de Peugeot n'a plus voulu prendre le risque de se tromper. Il ne reste plus qu'à espérer qu'après des premiers essais sur terre, dès demain en Sardaigne, Loix puisse confirmer dès sa prochaine participation que sa carrière au plus haut niveau n'est pas déjà terminée...

© Les Sports 2004