Moteurs Didier de Radiguès admire le style du double champion du monde espagnol.

"Marc Marquez est sans doute du même niveau que Valentino Rossi", explique Didier de Radiguès, le consultant de la RTBF. "Mais sa fin de saison est un peu laborieuse même s’il vient de remporter, coup sur coup, deux titres en MotoGP correspondants à ses deux premières saisons à ce niveau. C’est effectivement exceptionnel, mais je l’ai senti plus nerveux ces dernières semaines. Il a loupé trois rendez-vous et j‘ai la conviction qu’il sera meilleur encore lors des trois derniers Grands Prix."

Personne ne peut mieux juger un pilote moto que celui qui fut vice-champion du monde en 350 cc et qui remporta trois Grands Prix dans sa carrière. Il poursuit son analyse : "Marquez est venu avec son propre style. Il est le quatrième créateur de la moto moderne. Il y eut d’abord Jarno Saarinen qui, provenant des courses sur glace, fut le premier à se déhancher; puis il y eut Kenny Roberts, issu des courses sur cendrée qui fut le premier à glisser de l’arrière; ensuite, Freddie Spencer, glissant à la fois de l’avant et de l’arrière; enfin Marquez, qui a amené plusieurs nouveautés. Il sort le haut du corps, transfère le poids sur l’avant de la machine et frôle littéralement le sol. D’ailleurs, vous constaterez que lorsqu’il chute, ce n’est pas de haut. De plus, il attaque les virages en glisse de telle sorte qu’il entre naturellement dans la courbe et ne se soucie plus que d’en sortir. Touchons du bois, mais j’ai l’impression que son pilotage et sa tenue sur sa moto le rendent moins vulnérable. Bien sûr, tout le monde va tenter de le copier et il est significatif de constater que Rossi, malgré son âge certain, est celui qui retient le mieux la leçon de l’Espagnol."

Enfin, pour l’avoir rencontré lors d’un face-à-face organisé par Honda Belgique et plus spécifiquement par Georges Dewulf, l’attaché de presse, nous avons été particulièrement impressionnés par son calme olympien, son sourire, ses éclats de rire et ses facultés de communicateur. Didier de Radiguès renchérit : "Il est très disponible, très jovial, très professionnel. Les pilotes moto sont plutôt sympathiques, certainement lorsqu’ils savent que vous êtes un ancien du Continental Circus, mais il y en a quand même des plus coopérants que d’autres. À ce petit jeu, Marquez et Rossi sont les mêmes, malgré que l’un ait 35 ans et beaucoup de bouteille et l’autre, 14 ans de moins. C’est dire si la maturité de l’Espagnol est grande même si ses connaissances du MotoGP ne sont pas encore optimales. Il lui reste une marge de progression."

Voilà qui promet...