Moteurs

Yves Matton, régional de l’étape au Rallye du Condroz.

Pour la troisième année consécutive, le Hutois Yves Matton, directeur de Citroën Racing, fait l’affiche du Rallye du Condroz. Et en plus de se faire plaisir en WRC, le régional de l’étape nous amène quelques-uns de ses meilleurs pilotes. Après Sébastien Loeb, vainqueur en 2013, et Petter Solberg l’an dernier, il nous fait découvrir cette année le quadruple champion du monde du WTCC, Yvan Muller. Tout en ayant « prêté » Stéphane Lefèbvre à Pieter Tsjoen.

Yves, savez-vous déjà si Citroën sera encore en WRC au-delà de 2016 ?

"J’ai une idée de plus en plus claire sur la question. Cela sera annoncé durant la première quinzaine de décembre. Mais il est certain que Peugeot et Citroën n’auront plus qu’un seul programme officiel. Ce sera donc WTCC ou WRC en ce qui nous concerne. Avec pour objectif de gagner."

Donc plus avec les mêmes pilotes que cette année…

"(rires). Kris a gagné une course..."

L’objectif serait de gagner une course ?

"Non. Mais on ne visera pas le titre dès 2017 si on poursuit en WRC avec une nouvelle auto et une nouvelle règlementation. On aura un plan sur trois ans. Notre objectif sera de décrocher plusieurs victoires en 2017 et de décrocher le titre en 2018 ou 2019."

Avez-vous des garanties sur la possibilité de disposer d’une voiture compétitive en configuration 2017 ?

"95% des éléments que j’ai font que je suis confiant qu’on pourrait se battre devant avec une nouvelle Citroën du segment B."

Avez-vous déjà choisi vos pilotes pour 2016 ?

"Non, mais cela sera fait endéans les trois semaines, juste après le Wales Rally GB. Actuellement, j’ai trois scénarios possibles."

Garderez-vous les deux mêmes pilotes ?

"Ce n’est pas impossible si on ne devrait pas rester en WRC en 2017."

Vos pilotes ont-ils répondu à vos attentes en 2015 ?

"Si je réponds à cette question, je répondrai aussi à la précédente… Je dois donc m’abstenir."

Comment jugez-vous la saison 2015 de Thierry Neuville ?

"Forcément pas le niveau de ce qu’on attendait d’un pilote comme Thierry, vice-champion du monde en 2014 et vainqueur d’un WRC en 2014. Le fait de ne pas se sentir soutenu, que les dirigeants de Hyundai mettent leur N°1 en danger, n’a pas aidé."

Que feriez-vous si vous étiez le manager de Thierry ?

"Je me concentrerais sur 2017 pour éviter de refaire un nouveau mauvais choix de carrière. Si nous sommes encore là en 2017, Thierry m’intéresse. Je dirais même plus : Pour 2017, Citroën est son seul bon choix."

Quel est votre objectif ce week-end lors de votre Condroz ?

"Je n’ai rien à prouver. L’an dernier, j’ai malheureusement dû abandonner mais il y a deux ans j’étais monté sur la troisième marche du podium derrière les Citroën de Loeb et Bouche. Alors pourquoi pas cette année pour mon premier rallye avec la DS3 WRC? J’aurai une approche différente des favoris et cela peut jouer en ma faveur."