Moteurs

On le sait depuis quelques jours déjà : Maxime Martin a quitté BMW et le DTM pour rejoindre l'équipe officielle Aston Martin en WEC. Maintenant que la nouvelle a été officialisée par la marque, le Bruxellois de Monaco peut enfin se confier à la DH.


Alors Maxime, cela n'a pas dû être facile de quitter BMW, une marque très liée à votre famille (son papa est concessionnaire de la marque à Stockel) et dont vous avez défendu les couleurs durant sept ans ?

« Effectivement, cela n'a pas été un choix facile. Car BMW a une histoire dans le sport automobile, car j'avais une belle proposition pour logiquement reconduire mon contrat en DTM. J'avais tout et je n'ai pas choisi la facilité. J'avais envie de faire autre chose. De donner un caractère plus international à ma carrière. Quand plusieurs constructeurs vous veulent, cela vous amène à réfléchir. Mais je voudrais encore remercier tout le monde chez BMW, toutes ces personnes que j'ai cotoyées, avec lesquelles j'ai travaillé, qui m'ont fait confiance. Lors de la remise des prix annuelle de fin de saison, ils m'ont fait un beau cadeau d'adieu et les 300 personnes m'ont offert une standing ovation. On se quitte donc en très bons termes. »


Vous aviez le sentiment d'avoir un peu fait le tour du DTM au cours de ces quatre années ?

« Honnêtement oui, même si je n'ai jamais réussi à être couronné. J'ai remporté trois poles, trois victoires et terminé dix fois sur le podium. Je n'ai donc pas à rougir de mon palmarès à ce niveau. Cela reste un très beau championnat, très professionnel, mais je voulais goûter à autre chose. J'ai toujours trouvé que le DTM était un peu trop allemand. Vous êtes une star en Allemagne mais peu de monde s'y intéresse ailleurs. »


L'annonce du retrait de Mercedes fin 2018 et l'avenir incertain de la discipline ont-ils influencé votre décision ?

« Cela n'a pas été l'élément majeur mais cela a fait certainement partie de la réflexion. Il y a un risque que le DTM s'arrête fin de la saison prochaine. Et alors là, pas mal de pilotes se retrouveront à pied. Donc j'ai peut-être pris un peu d'avance sur tout le monde. »


Vous dites que vous aviez plusieurs propositions ?

« Oui. Notamment d'un autre constructeur présent en DTM. Mais bon si c'était pour refaire la même chose, je n'aurais pas changé de marque. »


BMW va aussi débarquer en GTE avec sa nouvelle M8. Avez-vous discuté avec BMW de la possibilité de vous faire disputer le programme WEC ?

« Cela a été évoqué, oui. Mais on n'est pas allé beaucoup plus loin. Ils voulaient que le DTM reste ma priorité. »


L'aspect financier a-t-il joué un rôle ?

« Non. Je suis encore trop jeune et trop passionné pour cela. Bien sûr, je ne voulais pas gagner moins d'argent, ce qui je pense est assez normal. Mais une fois que j'ai été rassuré sur ce point, c'est surtout le programme, l'histoire, la motivation de l'équipe qui m'ont convaincu. Aston Martin est une marque de légende qui a toujours été présente en sport auto. Ils ont développé une toute nouvelle Vantage qui débutera dès la première course du WEC à Spa. On va repartir d'une feuille quasi blanche. C'était le bon moment pour y aller. Je suis excité et impatient d'y être. »


Quelle est la durée de votre contrat ?

« C'est confidentiel. Disons que c'est du long terme. »


Quels seront vos équipiers ?

« Je l'ignore encore. Les équipages n'ont pas encore été formés. Je connais juste les six pilotes pour les deux voitures. Alex Lynn et moi sommes les petits nouveaux. On retrouvera Darren Turner, Jonathan Adam, Marco Sorensen et Nicki Thiim. »


La nouvelle Vantage débutera la saison début mai à Francorchamps ?

« Tout à fait. Elle a déjà pas mal roulé en tests. Mon programme hivernal sera pas mal chargé avec une semaine d'essais à Abou Dhabi en janvier et une deuxième en février avant peut-être de disputer les 12H de Sebring en guise de préparation pour le WEC, le championnat où tous les constructeurs vont se retrouver avec Porsche qui alignera quatre voitures comme Ford, le retour de BMW, Aston avec sa nouvelle auto, Corvette et Ferrari.»


Quels seront vos objectifs pour la super saison 2018-2019 ?

« Le titre. Aston veut clairement s'imposer en GTE. Au championnat et au Mans bien sûr où la marque est tenante du titre après le magnifique final de cette année où la victoire s'est jouée dans l'avant-dernier tour face à Corvette. J'avais suivi cela à la télé. Terrible ! En plus avec une GT âgée de sept ans ! »


Ce sera votre quatrième apparition aux 24H du Mans et la première avait été avec un proto Aston justement...

« Oui en 2011 avec le proto Lola Aston Martin LMP1 engagé par Kronos avec lequel on avait terminé 7ème au général avec Vanina Ickx et Bas Leinders. Un super souvenir. J'ai encore participé les deux années suivantes en LMP2 avec Oak Racing et TDS. Et je m'étais juré de revenir mais cette fois avec un constructeur capable de jouer la victoire. Voilà qui sera le cas. Le Mans reste la plus grande course du monde, la plus médiatisée.»


Vous reverra-t-on également encore à Spa lors de nos 24 Heures ?

« Je l'espère. Il y a une volonté commune pour que ce soit le cas. Le team R Motorsport soutenu par Arden et Jota a déjà annoncé son engagement en Blancpain Endurance avec deux voitures et deux équipages pros. Pour l'instant, seuls deux pilotes ont été confirmés. Chez Prodrive, ils savent que je souhaite faire d'autres d'autres courses en dehors du WEC. »


Vous attendez dans les jours, heures qui viennent un heureux événement avec la naissance de votre deuxième enfant...

« Oui une fille, j'hésite à l'appeler Aston (rire). »


Et votre papa Jean-Michel au fait, il en pense quoi ?

« Il est très heureux pour moi et me soutient à fond dans ma décision. Il m'a confié que c'était toujours bien dans une carrière, qu'elle soit sportive ou pas, de relever à un moment un nouveau défi, d'écrire un nouveau chapitre, de se remettre en questions. C'est ce que je vais faire en me parant de vert.»