Moteurs Rencontre avec Nathalie Maillet, une nouvelle directrice hyper connectée.

Le Raidillon transformé en piste de luge, le chantier des anciens stands endurance recouvert d’une couche de neige de deux à trois centimètres, quelques plaques de glace à l’entrée du tunnel : c’est dans un décor de sports d’hiver que nous avons rencontré, ce mardi, la nouvelle directrice du circuit de Spa-Francorchamps, Nathalie Maillet. Une passionnée de sport auto (elle est la compagne du réputé ancien préparateur belge Franz Dubois et a été pilote amateur en BTCS et Nascar) aujourd’hui patronne hyper connectée du monument spadois. Une de nos plus belles vitrines mondiales que notre interlocutrice a pour ambition de moderniser. Après six mois à la tête du paquebot, un point s’imposait avec la nouvelle capitaine de l’équipe.

1. Une équipe qui a la banane

"Il y avait plus de boulot que ce que je pensais. La situation à mon arrivée en juillet était compliquée. Pas financièrement, car le bilan comptable est positif et en nette amélioration par rapport à 2015, mais humainement. Certains ont démissionné tant ils étaient usés. Il y a eu des remplacements, j’ai reboosté tout le monde et, aujourd’hui, les gens au sein de mon équipe ont la banane."

2. Wifi gratuit pour tous

"On vit aujourd’hui dans un monde hyper connecté. On est à un grand tournant du numérique qu’il va falloir bien négocier. D’ici à fin 2017, je veux offrir un service wifi gratuit pour le public. Francorchamps doit devenir le circuit le plus connecté au monde. Je veux de la fibre partout, des commissaires de pistes avec des iPads et des lumières jaunes s’allumant toutes seules lorsque vous tapez le rail."

3. Faire lever la tête aux jeunes avec des I-Games ou des courses de drones

"On parle beaucoup de réalité virtuelle, mélange de virtuel mais aussi de réel. Les jeunes vivent dans leur bulle, le regard braqué sur leur téléphone. Ils ne viennent plus voir les courses, ils les font devant leur console. Je veux les attirer vers Francorchamps. J’ai quatre idées comme l’organisation d’I-Games ou de courses de drones, un événement qui a récemment réuni 300.000 jeunes à Paris. Et quand ils seront là, ils lèveront les yeux et verront qu’il y a des bagnoles qui roulent."

4. Des panneaux LED comme au foot

"J’ai fais changer toutes les télévisions des mezzanines, de la salle de presse et de la direction de course par des télés interactives. Nous allons posséder nos propres écrans géants, des panneaux LED avec plusieurs publicités comme au foot ou au basket."

5. Création d’un pole technique

"L’idée est d’exploiter l’outil du circuit toute l’année et pas seulement du 15 mars au 15 novembre. En créant des events liés à la neige, en créant un centre d’entraînement pour les jeunes qui voudraient apprendre les métiers du sport auto."

6. Développement du tourisme

"Je voudrais installer des casques géants aux quatre coins du circuit dans lesquels le public pourrait faire la chasse aux images retraçant l’histoire des 100 ans du circuit. Il y a par ailleurs trois grands projets autour du circuit, mais cela ne dépend pas directement de moi. J’ai juste déterminé avec les investisseurs certaines limites. Pas question par exemple d’avoir une vue sur le circuit."

7. Le retour de la MotoGP

"Je veux récupérer quelques gros événements comme la MotoGP. J’ai passé récemment une journée à Madrid à discuter avec les organisateurs de la MotoGP. Bradley Smith a roulé l’été dernier à Spa en 500 cc. Les aménagements nécessaires pour accueillir à nouveau la moto ne sont pas irréalisables. D’ailleurs, il existe déjà neuf circuits bi , organisant à la fois la Formule 1 et la MotoGP. Je vais étudier le sujet plus profondément cette année, notamment au niveau de la rentabilité, du retour économique pour la région. Ce ne serait pas avant 2020. Mais je vise le long terme. Je suis là pour longtemps, sereine et bien entourée."

8. Pas de DTM en 2017

"Tout était prêt pour que le DTM soit à nouveau à notre calendrier. Je n’attendais plus que la signature. Hélas! à cause visiblement du diesel gate , en quelques mois on est passé de 30 à 18 voitures et tout est malheureusement tombé à l’eau."


De Radiguès : "Aussi mythique que pour la F1"

Vainqueur du GP de Belgique moto 250 cm3 en 1983 à… Francorchamps, Didier de Radiguès s’enthousiasme à l’idée de voir la catégorie reine des deux roues de retour dans nos Ardennes.

"Si le projet aboutit, ce serait tout simplement fantastique !" lance celui qui commente la saison de MotoGP sur la RTBF en qualité de consultant. "Le tracé spadois tranche avec les autres anneaux quelque peu aseptisés d’aujourd’hui, imaginés pour la grande majorité par le même ingénieur. Pour un pilote moto, c’est l’un des circuits sur lesquels on prend le plus de plaisir. Ce rendez-vous se forgerait très vite une place à part dans le calendrier et deviendrait aussi mythique que pour la Formule 1."

Mais l’idée de revoir vrombir les motos à l’horizon 2020 est-elle réalisable ?

"Oui, cela me semble tout à fait envisageable. Dans la ligne droite qui suit le Raidillon, les pilotes atteindraient sans doute une vitesse maximale frôlant les 350 km/h, comme au Mugello ou à Sepang par exemple, mais plus que cette pointe vitesse, ce sont les longs virages rapides qui feraient le sel de cette manche du Mondial. Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais l’horizon 2020 me paraît toutefois très optimiste..."