Patrick Caps veut signer de bonnes courses

KESTER Inutile d'écrire que, dimanche dernier, en montant sur la plus haute marche du podium de Kester, Patrick Caps était content. Essoufflé, mais content. Et il y avait de quoi. Battre Stefan Everts n'arrive pas tous les jours et faire la nique à un Joël Smets en pleine forme non plus. Et puis surtout ce bouquet mettait un peu de baume sur un début de saison catastrophe pour le pilote wallon.

«En chutant aux essais du Grand Prix des Pays-Bas et en me fracturant la clavicule, j'ai perdu beaucoup, même si mon immobilisation fut de très courte durée (NdlR: une semaine plus tard, il se présentait au départ du championnat de Belgique à Neeroeteren). Les points galvaudés en Hollande influenceront fatalement ma position finale dans la hiérarchie mondiale et mon objectif à présent est de signer de belles courses. Les plus belles possibles.»

Un début de saison difficile donc...

«Oui, d'autant plus que ma KTM n'était pas vraiment adaptée à mon style de pilotage.»

Une moto semi-usine, pourquoi?

«Les responsables autrichiens m'avaient proposé d'être inclus au team officiel et de disposer de mécaniques d'usine, mais je n'ai pas voulu. Lorsque vous êtes dans un team d'usine, d'un dimanche à l'autre, d'un entraînement au suivant, vous n'avez jamais la même moto et il faut toujours vous adapter. Je préfère travailler avec ma petite structure et faire évoluer ma mécanique comme je l'entends et dans le sens qui me convient le mieux.»

A ce sujet, ce ne fut pas tout rose.

«Non, au début la puissance de ce 250 deux temps était trop violente, mal répartie, avec des accélérations brutales. En plus, les suspensions étaient peu accordées. Il faut savoir que, contrairement aux autres marques, l'amortisseur arrière est directement relié au bras oscillant et non via des biellettes. Mal réglé, ce type de suspension a tendance à vous jeter vers l'avant lors des freinages. À présent, à force de travail et d'essais, cela va mieux.»

Vous avez pourtant failli ne pas voir la fin du Grand Prix d'Allemagne.

«C'est exact, je l'ai terminé sans embrayage. J'avais déjà eu des ennuis auparavant et, au fil des tours, j'ai dû passer les vitesses à la volée. Depuis, comme Joël Smets, on a remplacé la commande hydraulique par une traditionnelle commande par câble et tout est rentré dans l'ordre.»

Le mois de juin s'annonce difficile avec trois Grands Prix quasi d'affilée...

«Oui, mais je préfère des rendez-vous suivis que trop espacés. Je me suis rendu compte que rien ne valait des confrontations de haut niveau pour progresser. Ainsi, en début de saison, j'étais très satisfait de ma moto et de mon physique après quelques épreuves internationales en Allemagne et France, d'autant que j'y avais remporté quelques succès. Une fois arrivé en Grand Prix, je me suis rendu compte de l'énorme différence existant entre ces deux types de compétition. La concurrence était tout autre et autrement relevée, ma moto n'était pas suffisamment au point et mon physique un peu juste.»

À propos d'opposition, que pensez-vous de la concurrence?

«Michael Pichon sera naturellement difficile à battre, bien que Crockard ait prouvé qu'il n'était pas inabordable. Stefan Everts traverse une passe difficile mais, pour moi, l'homme en forme c'est Joël Smets. Je le vois bien gagner la prochaine manche italienne.»

Pourriez-vous faire comme Smets et Everts, à savoir vous aligner dans deux catégories?

«J'en ai déjà parlé avec l'usine notamment pour le Grand Prix de Belgique à Namur. A l'heure actuelle, aucune décision n'est prise car le prototype 250 quatre temps qui me permettrait de m'aligner en classe 125cc n'est pas encore parfaitement au point. C'est de son évolution que dépendra ma décision.»

Ne regrettez-vous pas d'avoir abandonné cette catégorie 125cc ou vous avez frôlé le titre mondial?

«Pas du tout. J'avais fait le tour des 125cc et une plus forte cylindrée convient mieux à mon pilotage et à mon gabarit.»

Pourquoi, dès lors, ne pas avoir opté pour une 450 quatre temps?

«Je n'ai pas voulu brûler les étapes. La différence entre une 125 et une 250 deux temps est déjà énorme, alors imaginez avec une grosse 450, qui plus est à moteur quatre temps. Ne brûlons pas les étapes, on verra l'an prochain.»

© Les Sports 2003