Ils sont nombreux à vouloir stopper la série

MONTEVARCHI Pour les animateurs des championnats du monde de motocross, le mois de juin s'annonce épuisant. Alors qu' ils avaient bénéficié jusqu'à présent de longues trêves de repos entre deux prestations, les voici obligés d'enfiler trois rendez-vous presque coup sur coup. Ce dimanche, c'est le circuit italien de Montevarchi qui les accueillera avant de déjà se retrouver, cinq jours plus tard, pour les essais du Grand Prix de Bulgarie. Une courte pause d'une semaine et ils repartiront en Autriche pour la dernière manche de ce triptyque de juin. Il faudra être en forme durant les semaines à venir et ne pas encourir la moindre blessure.

Malgré la domination de Pichon, vainqueur des trois premières confrontations, le rendez-vous italien s'annonce très ouvert. D'abord parce que le Français n'a jamais posé les roues sur ce tracé. Ensuite parce que ce circuit, souvent très sec, n'avantage ni les moteurs deux temps, comme celui de Pichon, ni les moteurs quatre temps, comme ceux de Smets et Everts. Enfin parce Gordon Crockard, en suivant comme son ombre Pichon lors de la dernière manche allemande, a convaincu tous les ténors du peloton que le Français pouvait être battu malgré ses 24 victoires en 29 GP.

Montevarchi a déjà accueilli trois fois l'élite du motocross mondial et notamment en 1994 lorsque Stefan Everts s'y imposait. Cette année-là, le terrain était glissant, voire extrêmement dangereux puisque notre compatriote Werner Dewit s'y brisait les deux poignets, avec toutes les conséquences que l'on sait pour la suite de sa carrière. Inutile de dire que notre champion du monde aimerait bien rééditer cet exploit, question de replacer son moral au zénith et de faire taire les mauvaises langues à son sujet. Mais tous les observateurs s'accordent à penser que l'homme qui pourrait venir à bout de Pichon se nomme Joël Smets. Le pilote KTM affiche une forme splendide, comme déjà prouvée lors des manches précédentes et plus récemment dans la boue du championnat de Belgique à Kester. Smets possède un mental de gagnant, croit en ses chances et, comme il nous l'avouait récemment, peut encore progresser. Mais Smets souligne aussi les possibilités de Gordon Crockard.

Deux semaines seulement après s'être abîmé l'épaule dans les sables de Valkenswaard, l'Irlandais a surpris son monde et il lui a manqué fort peu de chose pour faire tomber Pichon de son piédestal germanique.

N'oublions pas non plus Marnicq Bervoets. Après des débuts catastrophiques, puisque le coéquipier d'Everts ne marquait ses premiers points qu'en Allemagne, Marnicq n'a plus rien à perdre. Pour lui, une place au faîte de la hiérarchie mondiale est vraiment fort compromise (il accuse déjà 59 points de retard sur Pichon) et, pour sauver sa saison, il ne lui reste que l'espoir de bonnes prestations. Exactement à l'image de Patrick Caps qui, petit à petit, revient en forme au guidon d'une moto mieux appropriée à son pilotage.

Ne sous-estimons pas le duo nordique Gundersen et Jorgensen. Toujours aux avant-postes, réguliers, le Norvégien et le Danois continueront à jouer les troubles fêtes et il ne faudrait pas grand-chose pour qu'ils s'attaquent, eux aussi, à une des marches du podium.

© Les Sports 2003