Tous les participants d'une épreuve provinciale belge sont mieux rétribués

BRUXELLES «Si ce barème avait été d'application à mes débuts, jamais je n'aurai pu faire du motocross». Joël Smets est catégorique à ce sujet. Il est vrai que le géant roux de Dessel a tiré le diable par la queue avant d'atteindre le haut de la hiérarchie mondiale. Plus qu'à son tour, il est parti en Suède et en Finlande, en simple camionnette, sans posséder l'argent nécessaire à son retour, la prime de déplacement obtenue servant à payer ses passages bateaux du retour. «Les responsables du cross mondial et de la FIM ne se rendent pas compte de ce que représentent 1.000€ pour un pilote débutant. C'est un vrai salaire», souligne-t-il encore.

Pathétique en MX 1 et MX 2 pour les apprentis champions, la situation l'est plus encore en MX 3 (650cc) rétrogradé au rang de championnat d'Europe. On voudrait faire disparaître la catégorie qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Pourtant, ici, les pilotes qualifiés auront droit à une prime de déplacement mais de 200€ seulement. A peine de quoi soulager les frais de mazout et de péages de l'indispensable camionnette. Que dire des primes d'arrivée pourtant distribuées aux 20 premiers de chaque manche? Un pilote qui participe aux motocross amateurs dans notre pays et qui gagne les quatre épreuves inscrites au programme dominical d'une fédération régionale empochera quasi autant (300€) que s'il monte sur la 3e marche du podium en MX 3 (400€) et certainement plus que tous les autres classés. Paradoxe, tous les amateurs d'une quelconque manche provinciale seront mieux rétribués que le 11e et ses suivants d'une compétition MX 1 et MX 2 qui eut ne palperont aucun billet. Expliquez-nous l'intérêt de courir l'Europe ou le Monde alors qu'il suffit de franchir quelques kilomètres dans sa région pour atteindre le même résultat financier. Incroyable!

© Les Sports 2004