Il succède à des noms aussi prestigieux que celui du légendaire Britannique Barry Sheene, des Américains Kevin Schwantz et Kenny Roberts Jr, le dernier à avoir remporté un titre pilotes pour la marque de Hamamatsu. Au sujet de son premier titre à 23 ans près deux saisons seulement dans la catégorie suprême, le jeune Espagnol, âgé de 23 ans, confie: "je ne peux pas réaliser. J'ai besoin de quelques heures pour réaliser, pas avant d'avoir pris une douche". "Quand j'ai vu le tableau de panneautage avec les mots +World Champion+ je ne pouvais pas y croire", a-t-il ajouté.

Il a terminé 7e de la course, amassant assez de points pour ne plus être rejoint lors de la dernière épreuve de la saison au Portugal dimanche prochain. "C'est dommage qu'il n'y ait eu personne dans les tribunes car c'est toujours une motivation supplémentaire", a-t-il regretté. La saison MotoGP a été chamboulée par l'épidémie de coronavirus avec moins de courses que prévu et la plupart disputées à huis clos. Natif de Palma de Majorque aux Baléares, il a été privé de la liesse du public espagnol pour saluer son titre. Il succède également à un compatriote, Marc Marquez, sextuple champion du monde à seulement 27 ans.

Marquez était absent des circuits cette année, écarté par une fracture du bras droit contractée lors de la première épreuve de la saison. Mir s'est engouffré dans la brèche ouverte par l'absence de celui qui a été titré en 2013, 2014, 2016, 2017, 2018 et 2019, écrasant la concurrence. "Félicitations", a-t-il aussitôt tweeté après le titre de son compatriote. Réputé pour son calme, Joan Mir a toutefois concédé dimanche qu'il ne l'était pas tant que cela lors des dernières courses alors que le titre se rapprochait. La réalisation que celui-ci était possible est arrivée en septembre mais il n'avait à l'époque pas encore remporté de victoire en MotoGP, la première n'arrivant qu'il y a une semaine lors du GP d'Europe sur la même piste de Valence où il a été couronné.

Champion du monde Moto3 en 2017, il indique regretter "ne pas avoir fait deux ans en Moto2" avant de grimper dans la catégorie reine dès 2019. "Mais c'était en fait la bonne décision", reconnait-il. Interrogé sur le fait que Jorge Lorenzo, triple champion du monde MotoGP, et le champion de tennis Rafael Nadal sont également natifs de Majorque, il répond qu'il y a "sans doute quelque chose de spécial sur cette petite île". Il y a débuté en moto dans l'académie de pilotage dirigée par le père de Lorenzo. Ce dernier, qui s'est retiré du MotoGP l'an dernier, s'est d'ailleurs invité, par Zoom interposé, lors de la conférence de presse de Joan Mir. "Certains disent que tu n'as gagné qu'une seule course mais tu étais le pilote le plus fort" cette saison, lui a-t-il dit. "J'aimerais bien célébrer mon titre à Majorque mais il faut rester prudent", a reconnu Joan Mir, qui doit maintenant aller au Portugal pour y étrenner son premier titre.