Un premier Grand Prix est toujours source de surprises et de confirmations. Certes, il y eut des essais hivernaux ces dernières semaines, mais on ne sait jamais avec certitude ce qui se passe dans les équipes à ces moments-là, certains travaillent sur l’équilibre, d’autres sur les pneus, parfois il y a un pilote qui cherche un chrono, pour se rassurer, mais il ne s’agit jamais de séances de qualifications qui comptent vraiment. 

Ce samedi, tout le monde a joué cartes sur table et le résultat n’est pas celui qu’on avait imaginé. Les Suzuki d’abord. Rapides à Sepang et Mandalika cet hiver, vendredi lors des essais libres, Rins et Mir jouaient le top 3, affichant une vitesse de pointe record, et puis 8e et 10e chronos.

Sentence encore plus dure pour Fabio Quartararo, spécialiste des pole positions. Le champion du monde s’élancera de la 11e place, devant Morbidelli, et encore, le pilote Yamaha a dû passer par la Q1 avant de jouer dans le top 12. 

Dépité à l’issue des qualifs, “El Diablo” a répété qu’il attendait des garanties avant de s’engager plus longtemps avec Yamaha, la machine n’ayant pratiquement pas progressé depuis 2021, ce que le Français avait déjà dénoncé en février.

 Et vu le niveau de la machine japonaise la saison risque d’être longue, à moins que le rythme en course permette au Niçois de rester au contact, on verra cela pendant le Grand Prix.

Ducati, qui se présentait comme étant la machine à battre, a confirmé la forme de ses machines. Mais avec une petite grimace quand même puisque Bagnaia, candidat avoué au titre, ne partira que de la troisième ligne et Miller, l’autre pilote usine, de la quatrième position.

La pole ayant été réalisée par Jorge Martin, sur une moto officielle, mais de l’équipe privée Pramac, et le deuxième temps par Enea Bastianini, sur une machine ancienne génération. “Je suis ravi” , déclarait l’Italien, “c’est ma première en première ligne, je peux viser un podium.”

Le grand vainqueur, c’est Honda. Troisième temps pour Marc Marquez, sixième pour Pol Espagaro. Beau tir groupé des deux machines du HRC qui a reconstruit une moto de A à Z, consciente que l’ancienne version ne convenait qu’au champion du monde espagnol. 

Avec une Honda plus homogène, toujours rapide, c’est peut-être de là que viendra le danger. Et, avec seize pilotes dans la même seconde, interdiction de faire la moindre erreur.