Cette saison 2022 a démarré sous le signe de l’émotion. Celle engendrée par un jeune et nouveau vainqueur, Enea Bastianini, qui disputait son 19e Grand Prix pour l’équipe Gresini, petite équipe privée qui a perdu son fondateur l’an dernier, Fausto Gresini, emporté par le Covid, et qui a dû se reconstruire avec des anciennes Ducati après avoir perdu Aprilia.

Une victoire pleine de saveurs : celle de la première fois, celle de la revanche sur le destin, celle du petit meilleur que le grand. Parce le pilote italien a donné une leçon, ce dimanche, à Losail. Parti deuxième, il est rentré dans le rang au cours des premiers tours, derrière Pol Espargaro, Brad Binder et Marc Marquez. Mais sans perdre trop de terrain. "Au début, je voulais économiser les pneus, raconte l’Italien. Mais j’ai vu que je pouvais les suivre sans trop de problèmes, alors j’ai attaqué."

Marquez, Binder et Pol Espargaro n’ont rien pu faire. Espargaro, qui menait la course depuis le début, a même été tellement surpris qu’il a loupé son freinage en voyant Bastianini le dépasser, ce qui a permis à la KTM de prendre la 2e place. " Bien sûr, je ne suis que 3 e ", constatait l’Espagnol. "Mais je suis heureux. Nous n’avions pas prévu d’être en tête dès le début et pourtant on l’a été. C’est très positif pour l’avenir."

Honda et KTM qui rient, Ducati qui se félicite de la victoire de son jeune espoir, parce que pour le constructeur italien ce Grand Prix est à oublier au plus vite. Panne et abandon pour Miller, départ raté pour Jorge Martin de la pole position qui a finalement été fauché par Francesco Bagnaia dans un freinage suicide. À Borgo Panigale, on s’est tiré une balle dans le pied.

Le constat est amer chez Yamaha aussi où Fabio Quartararo n’a pu faire mieux que 9e, battu sur la ligne par Johann Zarco. Le champion du monde expliquait avoir été victime d’une surchauffe du pneu avant et avouait se sentir très démuni face aux performances de sa moto. Le titre sera difficile à défendre et vu la course de ce dimanche, tout peut encore arriver.