Zolder se met à l'heure du speedway

ZOLDER Avec leur masque de cuir, avec leur barda, ils semblent sortis tout droit de Mad Max, mais plutôt que de combattre sur une planète terre dévastée, ils préfèrent s'affronter sur un anneau de cendrée au guidon d'étranges mécaniques. Ce dimanche, ils prendront possession de l'arène de Heusden-zolder. Quatre par quatre, dans des runs impressionnants, ils batailleront côte à côte, à près de 100 km/h, en tentant vaille que vaille de contrôler une machine qu'ils auront jetée perpendiculairement à la piste. Flash-back.

Si le motocross est depuis toujours une affaire belge, le speedway est quasi exclusivement une histoire anglo-saxonne et nordique. L'histoire débute entre les deux guerres, non pas sur de la cendrée comme aujourd'hui, mais sur des ovales tracés dans des prairies aussi plates que possible. Au début, on tournait vers la droite jusqu'au jour ou l'on se rendit compte que l'homme négociait mieux les virages à gauche. Question de morphologie, paraît-il. N'a-t-on, pas le coeur à gauche ? Lors de votre prochain déplacement en voiture, observez, vous constaterez que c'est exact. Comme les circuits ressemblaient aux pistes d'athlétisme du moment, les Anglais eurent l'idée de convier ces étranges motocyclistes dans le stade mythique de Wembley. La cendrée remplaça l'herbe et le speedway fondait ainsi vraiment ses bases. Et cela dure depuis soixante ans.

En Angleterre, comme en Australie et en Nouvelle-Zélande, le speedway est le sport motocycliste de référence. Il a aussi conquis les pays nordiques et l'ancien bloc soviétique où l'on concoure autant sur cendrée que sur glace. Depuis 1936, la discipline fait l'objet d'un Championnat du Monde particulièrement prisé par ces nations et si le règlement a été refondu en 1995, il garde tous les ingrédients qui en font une discipline très spectaculaire.

Comment pourrait-il en être autrement lorsque quatre pilotes s'élancent côte à côte, gaz grand ouvert et abordent le premier virage en faisant chasser l'arrière de leur machine, la mettant à l'équerre, quasi à 90°, perpendiculairement à la piste. Le chemin le plus court étant la corde, on n'hésite pas à frotter des épaules pour obtenir cette place de choix tout en contrôlant la trajectoire et la dérive de la moto. Et ne laissez pas passer un adversaire car les projections de sa roue arrière vous aveugleraient instantanément de terre. D'où les protections et les masques. Pas facile, car il ne faut pas ouvrir la porte pour garder constamment l'intérieur de la piste. Le tout à près de 100 km/h. Vous avez dit casse-cou? On oubliait de vous signaler que ces pistes en cendrée sont ceinturées de belles palissades en bois contre lesquelles il vaut mieux ne pas terminer sa course. Heureusement que ces artistes de l'équilibre savent coucher carrément leur équipage si d'aventure cette palissade se rapproche de trop. Les manches sont courtes, quatre tours seulement, ainsi chacun peut donner le meilleur de lui-même et le public vibre du premier au dernier mètre.

L'adrénaline ne monte pas uniquement chez les pilotes!

© Les Sports 2003