Dans trois semaines déjà, on attaquera la « semaine des 24 heures », l'un des plus grands événements sportifs internationaux se déroulant dans notre pays. Un double tour d'horloge reporté de trois mois en raison de la pandémie dans l'espoir de pouvoir tout de même accueillir du public. Malheureusement, le virus ne nous laissant toujours pas tranquilles et nos politiciens redoublant de prudence, surtout quand il s'agit de sport automobile (au vu de ce qu'il se passe dans les pays voisins comme les Pays-Bas, l'Italie, le Portugal ou l'Allemagne ou dans certains de nos stades...), l'édition 2020 de notre double tour d'horloge restera particulière.

« Il n'y aura forcément pas de parade le mercredi ni de concert, » confirme l'organisateur Laurent Gaudin, l'un des piliers de SRO. « Jusqu'il y a une semaine, nous n'avions pas l'autorisation de rouler de minuit à six heures du matin car toute manifestation sportive reste interdite dans ces créneaux horaires, tandis que nous étions limités à 2500 personnes sur le site durant la manifestation. Grâce à l'aide et la compréhension du circuit, du RACB et surtout des autorités belges, nous ne devrons finalement pas interrompre les 24h et nous avons pu monter à 5000 personnes dans les paddocks ce qui nous permet d'accueillir toutes les courses annexes prévues. Mais sans VIP. »

Et quid des spectateurs ?

« Là aussi c'était non jusqu'il y a peu. Finalement, suite à la récente décision de la ministre Sophie Wilmès d'autoriser des groupes de 400 personnes, on travaille sur la possibilité d'accueillir le public dans cinq ou six bulles de 400 personnes donc, comme ce sera aussi le cas en rallye. En parfait accord avec la loi et en respectant un protocole sanitaire strict c'est à dire port du masque, prise de température, respect de la distanciation sociale et parkings réservés à chaque zone sans la possibilité bien sûr de passer d'une zone à l'autre. »

En gros, il faudra choisir où vivre ses 24 heures : à la Source, à la Chicane, au Raidillon ou dans la tribune face aux anciens stands, aux Combes ou du côté du karting (Stavelot). « Ce n'est pas l'idéal ni dans l'esprit de cette course de cloisonner ainsi les gens, mais c'était cela où le huis clos le plus strict. Nous allons essayer d'équiper chaque zone d'un écran géant et d'un food truck ou buvette, » poursuit Laurent Gaudin. « Il est clair qu'avec ce modèle économique et toute la sécurité à mettre en place avec des contrôles aux entrées et sorties de chaque zone, nous allons perdre de l'argent même en demandant une participation de 45 ou 50 euros par personne ce qui est un peu plus cher que les années précédentes. Mais nous le faisons par respect pour nos fans, pour ceux qui viennent aux 24h depuis 20 ou 30 ans. On veut leur offrir la possibilité de tout de même assister à la course sur place, même si elle pourra être suivie intégralement et gratuitement en live streaming. Je comprends les spectateurs. Une course n'est jamais aussi belle que lorsqu'elle peut être vécue sur place. C'est comme pour un concert. »

On espère donc qu'il y aura tout de même un peu d'ambiance (et pas trop de pluie) pour les 2000 ou 2400 fans qui devraient pouvoir bientôt réserver leurs billets et leur zone sur internet pour une édition pour laquelle est attendue une grosse cinquantaine de GT3 quand même, soit très peu en moins que lors des éditions précédentes.

Ces mardi et mercredi, une quarantaine d'autos est attendue à Francorchamps, cette fois à huis clos, pour deux jours de tests s'annonçant très pluvieux. Comme les 24 et 25 octobre ? Allez savoir. Dans notre belle Ardenne fin octobre tout est possible : l'été indien ou les premières gelées...