Un groupe de dissidents de l’Asaf a demandé la reconnaissance d’une nouvelle Fédération régionale au RACB

NAMUR Dans les clubs ou les buvettes où se réunissent les passionnés de sport automobile régional, c’est le feuilleton de l’hiver. Que va devenir le sport automobile amateur en Communauté française ?

À l’heure actuelle, deux Fédérations (dont une n’est actuellement qu’en projet) revendiquent la délégation du RACB, la Fédération belge du sport automobile, pour gérer le sport automobile régional.

D’un côté, on retrouve l’Association sportive automobile francophone (Asaf), qui gère le sport amateur en Wallonie depuis 30 ans.

De l’autre côté, une possible future Fédération articulée au- tour des acteurs liégeois du sport régional, lesquels désirent voler de leurs propres ailes. Mais comment en est-on arrivé là ?

L’origine de ce clash remonte au 22 octobre : lors de l’assemblée générale de l’Asaf, le président Jacques Ravet n’est pas réélu comme administrateur, perdant du même coup son fauteuil présidentiel. Cette non-réélection provoque une sérieuse secousse à l’Asaf puisque tous les administrateurs liégeois démissionnent, estimant qu’il y a eu une machination et que leur province, avec 45 % des licenciés, n’est pas assez respectée.

Dans la foulée, le projet d’une autre Fédération, articulée au-tour des hommes forts de la Province de Liège, voit le jour. Cette fois, on parle vraiment d’une éventuelle sécession. La branche liégeoise reproche à l’Asaf une application des règlements à différentes vitesses.

“Nous voulons recréer quelque chose de convivial et de rigoureux en même temps” , explique Jacques Ravet. “Mais jusqu’au 22 octobre, c’est Jacques Ravet qui était président et rien n’a changé depuis !” rétorque Bernard Hayez, le nouveau président.

Attaqué personnellement par certains dissidents, Bernard Hayez ne veut pas porter la responsabilité de la non-réélection de Jacques Ravet. “Je ne voulais pas redevenir président” , clame-t-il. “Je me considère comme un intérimaire et je suis prêt à céder ma place.”

Plus encore que des points de vue divergents, il semble que ce soit une affaire d’hommes qui soit à l’origine de cette situation digne de Kafka. Et c’est la Fédération nationale (le RACB), seule reconnue par la Fédération internationale automobile (FIA), qui devra trancher en accordant sa délégation à l’une ou l’autre partie (ou aux deux) lors de son conseil d’administration du 22 décembre prochain.

Tout en sachant qu’un accord signé avec l’Asaf mentionne clairement un préavis de 6 mois, qui ne peut donc pas être respecté avant la saison 2010 ! Alors, y aura-t-il deux Fédérations de sport automobile régional l’an prochain ? Se partageront-elles les disciplines ? En attendant, les règlements et les calendriers sont bloqués. Quant aux pilotes amateurs, souvent très loin de toutes ces considérations, ils font comme les convoyeurs : ils attendent !



© La Dernière Heure 2009