Rallye d'Ypres: coup double pour Bruno Thiry

Moteurs

Olivier de Wilde

Publié le

Le pilote Peugeot gagne et prend la tête du Championnat d'Europe

YPRES Privée de tout suspense depuis la première spéciale de samedi midi, la 39e édition du Ypres Westhoek Rally a plus que jamais donné l'impression de se tirer en longueur, hier, lors d'une 3e étape inutile, disputée dans l'indifférence quasi totale. Quand donc les organisateurs yprois retomberont-ils sur terre et admettront qu'ils font fausse route? Qu'à force de prendre les spectateurs pour de vulgaires cochons de payants à qui l'on réclame 45 euros pour être traités comme du bétail, parqués dans des champs à dix mètres des voitures (mieux vaut désormais prendre ses jumelles pour venir dans le Westhoek) où la seule sensation éprouvée est celle de frustration, Ypres n'est plus le sommet populaire de jadis. Ce week-end, ils n'étaient pas 10.000 suiveurs, cinq fois moins que jadis ou qu'au Condroz. Et le seul bouchon que l'on vit fut celui de champagne que Bruno Thiry fit sauter pour la 2e année consécutive sur une Grand-Place sans aucune ambiance à l'heure précise du départ du GP d'Europe de Formule1. Il faut dire que le scénario de cette 3e manche du championnat de Belgique, fort comparable à celui de 2002, fut triste et ennuyant. Les premières fusées tirées vendredi soir laissaient pourtant augurer un splendide feu d'artifice avec une magnifique lutte à trois. Mais, hélas! le pétard était mouillé et, dès la 7e spéciale, le soufflé retomba. Crevaison pour Tsjoen perdant une grosse minute, bris d'échappement pour Snijers abandonnant sa Subaru en feu dans le tronçon suivant, les amateurs de bagarres à la seconde pouvaient déjà rentrer chez eux. Même la Super 1600 tourna vite aussi à un cavalier seul faute de combattants. Une incroyable hécatombe décimant le peloton, huit des concurrents du Top 20 pliant bagage dès samedi. «Même si je redoutais son retour, j'ai été le premier à regretter le retrait trop précoce de Snijers, avouait un Bruno Thiry n'espérant pas mener sa mission à bien aussi facilement. Avec plus d'une minute d'avance, je n'ai plus pu attaquer. J'ai commencé à lever un peu le pied, surtout dans les mauvaises cordes pour éviter toute crevaison. Avant de terminer l'ultime étape en roue libre.»

Par rapport à l'histoire de l'an dernier, seul le nom de l'équipier a changé, Fortin remplaçant Prévot dans la 206 WRC rouge. Auteur de 11 scratches sur 20 (pour 1 à Snijers et Campos et 7 à Tsjoen), le pilote Peugeot que seul un Snijers malchanceux aurait pu inquiéter à la régulière n'a pas volé un succès lui permettant de prendre la tête du Championnat d'Europe, pour 40 points (760 à 720) devant un Miguel Campos limitant bien les dégâts après avoir connu tous les avatars d'une première yproise. «Vendredi, j'ai d'abord rattrapé la voiture zéro, samedi matin je suis sorti dans un trou d'où les spectateurs ont mis 5' à me sortir, avant d'être arrêté par la police, ce qui m'a coûté 50'' de pénalité», racontait un Portugais progressant vite et bien. Mais ne devant sa place sur le podium qu'à la sortie samedi soir de Bijvelds et à la sportivité du Peugeot Team Belgium lui prêtant des rétroviseurs afin qu'il puisse poursuivre sa route après un accident dans lequel il chiffonna son côté gauche. «Vu les circonstances, je suis très heureux de terminer 3e . C'est le meilleur résultat que je pouvais espérer sur un terrain où même Grönholm ne pourrait s'imposer dès sa première venue. Rendez-vous à Madère début août, où je compte reprendre la tête du championnat.»

Deux fois crevé et victime d'un bris de cardan à force de repousser les limites de sa Toyota Corolla WRC, Pieter Tsjoen, 2e à 1.38, n'a pas démérité et se consolait avec un 2e titre belge virtuellement en poche. Le Flandrien n'avait de toute manière pas trop de regrets à nourrir en voyant le remarquable sans-faute signé par la combinaison Peugeot-Thiry-Kronos.

© Les Sports 2003

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