Mikko Hirvonen (Ford Focus) et Sébastien Loeb (Citroën C4), séparés d'un tout petit point au classement très provisoire du Championnat du monde, partent en première ligne du rallye de Finlande, jeudi soir, et aussi favoris l'un que l'autre pour gagner dimanche


JYVASKYLA Autour de sa ville natale, le week-end de son anniversaire (29 ans vendredi), Hirvonen n'a jamais semblé aussi proche de son Graal: une victoire aux "1000 Lacs", l'appellation mythique du rallye le plus rapide du Mondial: 120 km/h de moyenne, sur terre et dans les airs, de bosse en bosse.

Une telle victoire permettrait à Mikko de succéder enfin dans les coeurs finlandais à l'immense Marcus Grönholm, sept fois vainqueur ici entre 2000 et 2007. Elle augmenterait aussi son avance sur Loeb à trois rallyes de la fin du Mondial 2009 (Australie, Catalogne, Grande-Bretagne). "Cette saison est devenue un mini-championnat de quatre rallyes, dont trois sur terre et un sur asphalte", résume Hirvonen. "Je mène d'un point donc le résultat final dépend de moi. Je serai le premier sur la route vendredi, ce ne sera pas la position la plus facile et il faudra que je perde moins de temps que l'an dernier".

Faire mieux que l'année précédente, c'est justement la marque de fabrique d'Hirvonen depuis 2007, face à un Sébastien Loeb qui voit, à chaque rallye, la menace se préciser. En 2008, le Français avait enfin gagné en Finlande mais avec seulement neuf secondes d'avance sur un Hirvonen déchaîné de bout en bout.

L'an dernier, le futur quintuple champion du monde était arrivé à Jyvaskyla avec trois points de retard sur Hirvonen, à cause de trois non-victoires (faute de pilotage en Suède, accident de la route en Jordanie, 3e en Turquie), espacées dans le temps.

Loeb: "On repart à zéro"


Cette année, Loeb n'a qu'un point de retard mais reste sur trois ratages d'affilée, en Sardaigne (4e), en Grèce (abandon) et en Pologne (7e), alors qu'il avait raflé les cinq premiers rallyes de la saison. Un enchaînement rarissime pour lui, face à un Hirvonen toujours aussi régulier et fiable.

Comme Hirvonen, Loeb considère que "le championnat repart à zéro. Nous n'avons pas le choix : il faut attaquer. Même en calculant les risques pris au volant, tout peut arriver. En cas d'abandon, le retard serait impossible à combler à la régulière".

Pour bien préparer ce rallye, Loeb a fait des essais du côté de Tampere (nord de la Finlande), début juillet, puis s'est bien reposé... activement: "J'ai profité de cette petite trêve pour prendre un peu de bon temps. Des amis sont venus à la maison et nous avons été passer un week-end sportif dans les Alpes, avec du VTT, du rafting, du kayak".

"Contrairement à ce qui a été écrit ici et là, je n'ai pas passé mes vacances dans un simulateur de F1", ajoute l'Alsacien, même si certains l'ont imaginé, pendant quelques heures, dans le baquet de de la Toro Rosso de Sébastien Bourdais. "Ma priorité, c'est le Championnat du monde des rallyes", a aussitôt affirmé Loeb, soucieux de ne pas tout mélanger.

A propos de F1, il y aura un autre champion du monde au départ de la super-spéciale d'ouverture, jeudi soir sur l'hippodrome de Killeri: Kimi Raikkonen, sacré en 2007 chez Ferrari, qui pilotera ici une Fiat Abarth Grande Punto. Kimi ne pourra pas gagner mais il va se faire plaisir, à fond la caisse, comme les 90 pilotes engagés dans le seul et unique "Grand Prix de Finlande".

© La Dernière Heure 2009