Pourtant, le prodige de Cul-des-Sarts prétend ne pas viser la victoire

ENVOYÉ SPÉCIAL EN GRÈCE BENOÎT LAYS

LAMIA Venu à bout des deux derniers rallyes qu'il découvrait, François Duval a été récompensé par Wilson, son boss. Ce dernier lui a donné le feu vert pour qu'il puisse attaquer ici même à l'Acropole mais aussi en Crète. De quoi donner des idées à tous les admirateurs du prodige de Cul-des-Sarts qui le verrait bien en remporter un avant les départs en vacances! Mais François et Stéphane Prévot, son équipier, préfèrent garder les pieds sur terre. «Je ne me vois pas grimper sur la plus haute marche du podium ce dimanche avoue François. Par contre, je miserais gros sur une victoire de mon équipier, l'Estonien Marko Martin. Il a déjà réalisé de très belles performances lors des deux dernières manches sur la terre. Je ne vois pas pourquoi il en irait autrement ici. D'autant que, selon mon coéquipier Stéphane, l'Acropole n'a jamais été aussi roulant. Moi, je continue à considérer cette saison comme une étape d'apprentissage dans ma carrière, ce qui ne nous empêchera pas d'adopter un bon rythme, rapide, sans pour autant tout casser.»

Et on ne peut que lui donner raison. L'année dernière, il avait participé à cette épreuve sur sa poussive Ford Puma S 1600 et il s'était retiré après huit spéciales, une roue s'étant éprise de liberté. C'est dire si son expérience de l'épreuve grecque est encore très limitée. «Et l'on ne parle pas ici de la différence entre une Super 1600 et une WRC, s'empresse d'ajouter son copilote, le Hutois Stéphane Prévot. Notre principal atout sur ce rallye, ce sera la fiabilité de la Ford Focus WRC 03. Je veux dire que les éléments mécaniques comme les suspensions et le moteur de la Focus sont parfaitement au point. Il est vrai que nous avons rencontré des soucis avec le système hydraulique lors des deux premières épreuves disputées par notre nouvelle voiture mais nos ingénieurs ont très bien travaillé et cela devrait être résolu. Mais je ne me fais guère d'illusions face à des pilotes comme Grönholm et consorts. Nous serons probablement à une seconde au kilomètre sur certains tronçons mais c'est tout simplement ce que l'on appelle l'expérience.»

Avec tout cela, Stéphane ne nous a pas donné son pronostic pour le rallye qui se disputera dès vendredi dans le berceau de notre civilisation... «Je ne pense pas que nous ayons des objectifs précis avant le départ., reprend Stéphane. Je dirais que terminer l'épreuve dans les points serait déjà un bel objectif. Et un top 6 serait encore mieux. Mais l'Acropole a bien changé et il ne faut plus trop compter sur les abandons des autres pour jouer placé. Le parcours est moins rigoureux, moins exigeant avec les mécaniques et par conséquent les déchets sont moins nombreux. Je me demande même si l'édition de l'Argentine que nous venons de terminer n'était pas pire que ce que nous allons découvrir en Grèce.»

Les plus optimistes garderont en mémoire le palmarès de la marque à l'ovale bleu en Grèce. Celle-ci l'a emporté à onze reprises contre sept pour Lancia. L'année dernière, Colin McRae avait signé une très belle victoire malgré le forcing exercé par son compagnon d'écurie, l'Estonien Marko Martin, durant la majeure partie de l'épreuve. Et si François avait des conseils à prendre pour l'Acropole, ce serait vers l'Ecossais qu'il devrait se tourner, car Colin a remporté cinq victoires en dix participations.

© Les Sports 2003