Après Martin, le pilote Citroën va-t-il craquer sous la pression de Grönholm?

KARLSTAD La 2e étape du Rallye de Suède aura été fertile en rebondissements. Et dans des conditions extrêmement difficiles et, pour la première fois, sans ouvreurs pour conseiller les choix de pneus et renseigner les derniers pièges, les sorties de route ont été très nombreuses : du champion du monde Petter Solberg à nos compatriotes Duval et Loix en passant par Sainz, Carlsson, Hirvonen ou Martin, quasi personne n'y a échappé. Jamais rien de grave ou de définitif, les murs de neige amortissant généralement les chocs, mais de grosses poignées de secondes, souvent plusieurs minutes voire jusqu'à trois quarts d'heure pour le plus malheureux planté dans un trou aussi paumé que son village d'origine de Cul-des-Sarts.

Celui qui aura perdu le plus est l'Estonien Markko Martin, leader avec une demi-minute d'avance avant d'abandonner bêtement (roue arrachée suite à une touchette) près de 6', la victoire, des gros points (8e, il peut au mieux remonter d'un rang à la régulière) et la tête du Mondial dans l'ES 11. Les 7 secondes grappillées d'un seul coup par l'abominable Grönholm des neiges, remonté depuis le 6e rang après avoir abandonné 1'vendredi suite à un bris de direction assistée, lui auront mis un peu trop de pression. Et alors qu'il semblait tenir les choses bien en mains, d'un coup le pilote Ford a perdu les pédales.

Tout profit pour un Sébastien Loeb évitant, lui, toutes les embûches, le Français signant même deux scratches pour montrer qu'il était prêt à s'imposer ailleurs que sur un rallye asphalte. Et à mettre fin aujourd'hui à 52 années de règne nordique sur la plus hivernale des manches du championnat du monde.

Loix réduit à l'abandon

Mais avant de réaliser cet exploit et de signer ce dimanche le doublé Monte-Carlo-Suède, le pilote Citroën devra encore résister aux assauts d'un Marcus Grönholm refusant de s'avouer vaincu. Même si un tête-à-queue au départ de l'ultime vraie spéciale de la journée d'hier lui a coûté une quinzaine de secondes et sans doute une grande partie de ses espoirs. Quarante secondes d'avance à 6 spéciales et une centaine de kilomètres d'un nouveau triomphe, l'Alsacien doit bien pouvoir gérer cela. D'autant que derrière, Freddy Loix n'assurant pas son rôle de 2e pilote avant d'être contraint à l'abandon sur problèmes moteur (ceci pouvant expliquer cela), Corrado Provera risque de demander à son héros finlandais de ne plus attaquer tout shuss. Et d'assurer huit points très important pour une équipe Peugeot préférant remettre le premier succès de la 307 WRC à plus tard.

On devrait par contre encore lutter ce matin pour la 3e marche du podium entre Solberg, un Tuohino remplissant jusqu'à présent parfaitement la mission confiée par Ford et un Sainz ne pouvant lui aussi éviter un écart de 2'. Une faute que son équipier au sang froid fut un des seuls à éviter. En regardant le reflet de la glace, il est évident que ce Sébastien Loeb-là a bien la trempe d'un futur champion du monde.

© Les Sports 2004