Rallye du Japon: quitte ou double à Hokkaido

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Tout le monde se focalise sur le duel Grönholm-Loeb


OBIHIRO Le Français Sébastien Loeb (Citroën C4) et le Finlandais Marcus Grönholm (Ford Focus) vont disputer une formidable partie de quitte ou double de vendredi à dimanche dans l'île d'Hokkaido, à l'occasion du rallye du Japon, 14e manche du Championnat du monde WRC.

Il ne reste plus que trois rallyes avant le terme de cette saison exceptionnelle d'intensité et Loeb, victorieux sur asphalte en Catalogne et en Corse, comme prévu, a encore quatre points de retard sur Grönholm qui l'avait devancé de 3/10 de seconde au terme du rallye de Nouvelle-Zélande. En Corse, le premier jour, l'écart était en moyenne de 5/100 au kilomètre entre "Seb" et Marcus. Inouï.

Dans ses pires cauchemars, Timo Rautiainen, copilote et beau-frère de Grönholm, imagine les deux samouraïs à égalité de points au départ du RAC, fin novembre en Grande-Bretagne. C'est exactement l'objectif de Loeb et ça passe par une nouvelle victoire au Japon, comme en 2006, puis une autre en Irlande.

Bien loin de la vieille Europe, la petite ville d'Obihiro, au nord du Japon, va être le théâtre d'un nouveau duel de titans, ou plutôt de sumos, avec une difficulté supplémentaire par rapport à l'an dernier: les dates du rallye ont changé (d'août à octobre) et les feuilles mortes recouvrent les pistes.

Autre difficulté, les spéciales japonaises sont très nombreuses (27) et plutôt courtes, voire très courtes (1,35 km seulement pour la super-spéciale d'Obihiro, à parcourir cinq fois en trois jours). Elles sont entrecoupées de parcours de liaison interminables, à effectuer à allure réduite pour éviter de se faire interpeller, dans la langue du coin, par la police locale.

Subaru à domicile

"Ce n'est vraiment pas un rallye facile", résume Guy Fréquelin, le patron de Citroën Sport. "Il n'est jamais simple d'évoluer à des vitesses très élevées sur des routes étroites où l'adhérence est souvent précaire. Il y a beaucoup de virages cachés avec de grandes herbes qui masquent les pièges. La météo peut aussi venir brouiller les cartes avec des conditions changeantes".

Tout le monde se focalise sur le duel Grönholm-Loeb, mais le Japon, à cause de coups de théâtre toujours possibles, chez Citroën et chez Ford, pourrait bien permettre à un second couteau de s'illustrer en montant sur le podium, comme par exemple l'Australien Chris Atkinson sur sa Subaru Impreza.

Au Japon, Subaru joue à domicile, devant des milliers de fans enthousiastes. Et l'autre info de cette saison 2007, en marge du duel franco-finlandais, c'est qu'Atkinson a souvent dominé, en performance et en régularité, son champion du monde de coéquipier, le Norvégien Petter Solberg. "J'étais 4e l'an dernier et sur le podium en 2005, donc ça veut dire que le Japon est un terrain favorable pour moi", rappelle l'Australien, 4e des deux derniers rallyes disputés sur terre cette saison (Finlande, Nouvelle-Zélande). "Ca fait du bien de revenir sur terre, une surface qui nous convient beaucoup mieux que l'asphalte. Mais ce sera dur, car les étapes seront longues et les spéciales très exigeantes. Ici, il n'y a pas de marge d'erreur".

Pas de marge d'erreur, comme le résume Atkinson, ça veut dire qu'il faudra rester "zen", malgré les aléas inévitables sur 1575 km de rallye, dont 350 km chronométrés. Ca veut dire surtout, pour Loeb et Grönholm, qu'une sortie de route sera quasiment synonyme de "hara-kiri" au championnat du monde.

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