Il veut faire regretterà Ford sa non-nomination

KARLSTADT Royaume de la glisse, le Rallye de Suède, 2e manche du Championnat du Monde des rallyes, évoque des sentiments mitigés pour François Duval. Bon, lorsqu'en 2002, voici deux ans à peine, sa toute première participation en WRC se solda par une arrivée dans le Top 10.

Désagréable, quand, l'an dernier, sa course s'acheva prématurément dans un mur de neige suite au bris - avoué par l'équipe, par la suite - d'une suspension en pleine ligne droite alors qu'il évoluait en chasse-neige au-delà de la 15e place. Un souvenir plus douloureux encore pour Jean-Marc Fortin, définitivement débarqué dans une forêt au milieu de laquelle François disait entendre hurler des loups...

«Hormis pour les nouvelles épreuves, c'est le dernier rallye où je suis obligé de reprendre les notes de zéro », confirme un Obélix pas franchement taillé dans la dentelle et préférant jeter au feu les mauvaises notes de l'an dernier. «Et comme il n'y a rien de neuf au niveau du parcours, je subirai un léger handicap par rapport aux autres ténors.»

Qu'à cela ne tienne, c'est avec un moral au beau fixe après le goal monégasque que Dudu aborde une classique hivernale où son excellent car control et son sens naturel de l'improvisation devraient faire des merveilles.

D'autant que notre jeune compatriote ne ressentira aucune pression, Ford ayant choisi bien avant de connaître son brillant résultat de Monte-Carlo de nominer à sa place le Finlandais Janne Tuohino pour le championnat constructeurs. «Une décision normale si l'on se réfère aux résultats des deux éditions précédentes où ce pilote un peu Nordique (sic) me devançait,» estime un Belge pas le moins du monde frustré. «Comme dirait mon ingénieur Christian Loriaux, pour lui ici c'est Thirimont. Il connaît ces spéciales par coeur et disposera, en outre, pour la première fois d'une Focus WRC 03. Je ne me tracasserai donc pas s'il pointe devant. C'est pour cela qu'ils lui font confiance. Il vient de disputer l'Artic Rallye dans des conditions comparables et sera d'emblée bien chaud.»

«On me demande juste de m'amuser»

L'optique de François sera un peu différente, même si dans l'élan de son impressionnant podium monégasque ses ambitions ont été revues à la hausse. «Dans le team, la page est tournée. Seuls quelques autres pilotes m'ont reparlé de l'arrivée de la dernière spéciale. Ils ont bien vu que j'avais laissé passer Martin... Ici, je roulerai uniquement pour moi. Pas question de devoir assurer un résultat dans l'optique du titre constructeurs puisque je ne marquerai pas de point pour Ford. L'esprit totalement libéré, je vais donc pouvoir me lâcher, attaquer sans arrière-pensée. Et tant pis si cela se termine dans le décor. La seule chose que Malcolm (Wilson) me demande est de poursuivre mon apprentissage en m'amusant. Il n'attend aucun résultat particulier de ma part.»

Ce qui ne signifie pas pour autant que la paire Duval-Prévot renonce aux points. Même si le jeune homme de Cul-des-Sarts vend généralement moins facilement la peau de l'ours avant la chasse que son père René voyant dans sa boule de cristal imaginaire un nouveau podium de son gamin. «On va essayer de figurer dans le Top 10, » annonçait modestement François à l'issue de reconnaissances où il avait dû sortir Carlos Sainz du trou.

Mais sa véritable motivation était toute autre. Dans les forêts du Varmland, notre jeune loup rêve de croquer au moins un de ses équipiers.

Histoire de donner des regrets à ses employeurs.

© Les Sports 2004