Le poète de Nandrin s'offre un grand plaisir pour ses 60 ans: "J'aurais eu beaucoup moins peur de rouler en R5. Je rêve déjà de certains passages spectaculaires".

On ne présente plus Renaud Verreydt, l'enfant du pays, ancien double vainqueur du Rallye du Condroz où il compte toujours énormément de supporters et amis. En l'absence des Snijers, Duez, Loix ou Thiry, il sera (avec Pascal Gaban lui aussi au volant d'une Porsche) le seul ancien grand nom au départ de cette édition.

Et pour ses 60 ans, le "renard" s'est offert, grâce au soutien de pas mal de petites entreprises, cafés, restaurants et boulangerie locaux, un grand plaisir en louant en France une bruyante Porsche 997 GT3. "Cela fait une dizaine d'années que cette auto me fait envie. J'ai déjà piloté une Porsche en Historic. J'ai même mené les Legend Boucles au volant d'une vieille 911 partagée avec Jali qui ne me chantait pas une bonne note. Cette bagnole en fait c'est tout ce que j'aime. Une grosse propulsion qui va très vite, fait du bruit et du spectacle. La direction assistée, une boîte séquentielle, des bons pneus, il y a tout ce qu'il faut pour prendre son pied. Je rêve déjà de certains passages. On va se régaler et partager notre bonheur avec le public."

La plus bruyante, la Porsche N°34 de Renaud Verreydt ne passera pas inaperçue avec sa déco "flashy" réalisée par Michel Cartiaux (CD Designer) son ami de toujours : "C'était le but. C'est autre chose qu'une Skoda. Mais cela fait plus peur. S'il fait sec, on va arriver 20 ou 40 km/h plus vite dans le rapide où il s'agira de fare attention et de ne pas se louper."

Pour sa découverte d'une GT de rallye qu'il aura l'occasion d'apprivoiser ce jeudi après-midi, Renaud n'a pas de réelles ambitions: "M'amuser surtout. Il faudra quelques spéciales pour m'habituer. Le plateau est terrible en GT avec Fred Bouvy, Gino Bux, Pascal Gaban et quelques autres sur des autos comparables. Mais après une boucle ou deux, je vais me prendre au jeu et mon avantage du terrain pourra m'aider à rivaliser avec les meilleurs de la catégorie, du moins je l'espère. S'il fait gras, même des R5 mal pilotées seront devant nous. Par contre s'il fait sec, je pense que l'on peut signer des chronos dans le Top 10 en Hesbaye et même à Marchin."

Lancée il y a cinq mois déjà par son copilote Jean-Michel Hubin réalisant lui aussi un vieux rêve, l'opération Condroz en Porsche a pourtant bien failli être annulée la semaine dernière suite au désistement de deux gros sponsors. "J'ai effectivement voulu jeter le gant, mais ma fille Louise m'a reboosté. Elle ne voulait pas que le projet capote. Le préparateur qui m'a l'air très sympa a du coup revu une deuxième fois son prix à la baisse. Aujourd'hui c'est devenu un sponsor et je l'en remercie."

Il aura droit à son verre comme les autres sous le chapiteau déployé par Renaud et ses potes pour leurs "VIP": "On est super bien situés juste derrière le Chez Nous dans l'allée principale. J'ai retrouvé un sachet de pins de mon club de supporters créé il y a plus de trente ans avec une pièce de puzzle sur laquelle il y avait mon casque et un drapeau à damier. Cela fera office de pass et les gens devront nous donner une vieille pièce d'un franc belge pour recevoir leur bière."

Sacré Renaud, il fait toujours dans l'originalité. Et cela continue à plaire. Le rallye pour lui, c'est d'abord les amis, l'ambiance, la fête, le partage. "Mon dernier Condroz? Je ne sais pas. Ce n'est pas spécialement programmé comme cela. En tout cas, ce ne sera pas mon dernier rallye de l'année puisque je serai au départ du Rallye des Crêtes avec la toute nouvelle Ford Escort MKI montée avec des potes."

Quand on a la passion du pilotage et du rallye, c'est souvent pour la vie...

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