Après des années de galère à rouler à droite et à gauche, Sarah Bovy reçoit aujourd'hui la plus grande chance de sa carrière en sport auto. Déjà invitée à remplacer Esmee Hawkey (la Britannique avait menti sur son palmarès pour obtenir son statut de pilote Bronze) à Barcelone lors de la première manche de la Michelin Le Mans Cup (la voiture n'avait pu participer à la course suite à un problème de turbo), elle a été conviée par le team Iron Lynx notamment dirigé par Andrea Piccini à participer aux 1000 Km du Castellet ce samedi puis, dans la foulée le week-end d'après à la 2e manche de la Michelin Le Mans Cup.

Ce samedi, elle retrouvera la jeune Française de 17 ans Doriane Pin et l'expérimentée Britannique Katherine Legge pour composer un équipage 100% féminin, une première en GT World Challenge anciennement appelé Blancpain Endurance.

"C'est une fantastique opportunité, certainement la plus grande chance jamais reçue," avoue la Bruxelloise de 32 ans. "Je n'ai clairement jamais eu l'occasion de rouler dans un aussi bon contexte, avec une top auto, un top team et un solide équipage Pro-Am. Je ne dois pas apporter de budget, craindre pour une franchise ou angoisser sur les frais à payer en six mois si j'endommage le fond plat. J'ai les yeux écarquillés. Ce matin, j'ai découvert le travail avec la télémétrie en direct. Pendant que je roulais, mon ingénieur me disait où freiner plus tard ou virer plus large grâce aux données qu'il recevait depuis la voiture. C'est magique. Cela prouve qu'il ne faut jamais rien lâcher et toujours y croire. Cette année, je n'avais rien de prévu hormis mes deux courses en camion. Et ce cadeau est tombé du ciel. A Barcelone, je n'étais clairement pas prête physiquement à remonter dans une GT3. Mais depuis je me suis bien entraînée et j'ai déjà vu la différence."

Quels sont les objectifs pour l'épreuve de six heures de ce samedi soir?

"Le plus important est de former une bonne équipe, de s'entraider pour progresser. On n'a strictement aucune pression de résultat. Le niveau est relevé même dans notre catégorie et l'on ne vise qu'une chose: l'arrivée. Katherine doit encore se remettre de son gros accident, je manque clairement de roulage et Doriane est très jeune et découvre le GT. Mais elle est déjà très rapide. Mais sur le plus long terme, je pense qu'on pourra avoir des ambitions plus affirmées."

Sarah restera sur place durant dix jours car la semaine prochaine elle enchaînera avec l'épreuve de 2h de la Michelin Le Mans Cup avec la seule Doriane Pin. "Même circuit, même voiture, cela va me faire pas mal de roulage. Limite, on m'a dit que les 1000 km doivent juste nous servir d'entraînement pour la semaine suivante."

Il est vrai qu'il y a nettement moins de concurrence en Le Mans Cup où les filles du team Iron Lynx pourront viser le podium. Et pour la suite? "On verra après ces deux week-ends, mais il est clair qu'il y a une possibilité pour que cela continue et je ferai tout ce qui est possible pour que ce soit le cas."

Et aujourd'hui, on ne parle plus d'argent ni de gros budgets, juste d'une bonne entente et d'un bon comportement sur la piste. "Ils ne m'ont pas encore vu rouler en course. Je vais leur montrer que je suis une bonne pilote d'endurance."

Dans l'espoir, bien évidemment, de voir la saison se poursuivre. Et pourquoi pas de voir nos trois Drôles de Dames aux 24H de Spa ce qui constituerait une première en GT, 24 ans après le dernier équipage 100% féminin, en 1997 quand Florence Duez, Vanina Ickx et Kate Rafanelli avaient partagé le volant d'une BMW Bigazzi Groupe N.