Ce week-end, plus que jamais, Spa-Francorchamps est totalement coupé du monde. A l’heure où la pandémie de Covid-19 connaît un rebond fulgurant, le toboggan des Ardennes est certainement l’endroit le plus sûr du Royaume. Avec le Grand Prix de Formule 1, le plus beau circuit du monde vit son événement le plus important de l’année avec les 24 Heures GT. Les gérants du tracé, l’organisateur SRO mais aussi les autorités ont mis les petits plats dans les grands pour que le seul virus présent dans le paddock soit celui de la passion.

L’atmosphère qui règne sur Spa-Francorchamps est très étrange. L’absence de public dans les paddocks et les tribunes se fait ressentir. Les belles hospitalities et les carrés d’exposition sont absents. On est loin de la fête populaire qui envahit les Ardennes à la fin de chaque mois de juillet.

Accéder au circuit tient du parcours du combattant. Si les spectateurs ont dû rester chez eux, 5.000 personnes (pilotes, teams, médias, etc) sont accréditées mais toutes ont dû réaliser un test PCR négatif avant de venir. Un représentant de la Croix-Rouge prend votre température à l’entrée et ce tous les matins. Si vous dépassez les 38 degrés, vous êtes directement refoulé mais le centre médical. Le principe de bulle est plus que jamais d’application. Interdiction par exemple pour un pilote d’aller saluer le copain du team voisin. Les journalistes et photographes sont priés de ne pas pénétrer dans les stands. Pour parler à un pilote, il faut que cela se fasse à l’écart, dans le paddock.

Évidemment, la distanciation sociale et le port du masque (les médias doivent même le garder en salle de presse, malgré un périmètre de sécurité d’application) sont obligatoires à tout moment et en toutes circonstances. Et gare à ceux qui ne respectent pas les règles : pas moins de 50 policiers en civil rôdent dans l’enceinte du circuit, notant et rapportant la moindre infraction. Les verbalisations sont au menu ! Alors attention…

Cette ambiance très pesante, voire oppressante, en chagrine plus d’un. Mais entre respecter avec zèle des règles sanitaires tout en étant épié par des gardiens de la paix, ou être témoin d’un événement tout simplement annulé, le choix est vite fait. D’ailleurs, tout le monde respecte les règles. Ce n’est pas pour rien que Spa-Francorchamps n’a jamais eu aucun cas positif déclaré depuis le déconfinement à la mi-mai. Les politiques devraient venir plus souvent pour se rendre compte à quel point le circuit, ses règles et ses protocoles poussés sont des exemples en matière de lutte contre la propagation du Covid afin que le show puisse continuer et que les pilotes, les teams et les organisateurs évitent tant bien que mal un séisme financier.

Si d’aventure (ce qu’on ne souhaite surtout pas) tous les événements sportifs devaient à nouveau passer à la trappe et que les sports mécaniques étaient mis dans le même sac, ce serait vraiment du gâchis.