Helio Castroneves en pole pour un troisième succès consécutif

INDIANAPOLIS L'absence de pilote ou de team belge depuis qu'Eric Bachelart et le Conquest Racing sont repassés en Champ Car, mais surtout l'absence d'images télé dans notre pays (à moins de disposer d'une antenne satellite ou d'un abonnement particulier), ont relégué chez nous les 500 Miles d'Indianapolis au même rang que le Trophée des Trappistes de Chimay. Et pourtant, cette épreuve de légende demeure l'une des courses les plus célèbres au monde avec le Mans, le Rallye de Monte-Carlo ou le Grand Prix de Monaco avec lequel elle ne tombe exceptionnellement pas en concurrence cette année. Sommet de l'Indy Racing League, cette ronde mythique de plus de quatre heures sur l'ovale le plus rapide de la terre (370km/h de moyenne pour la pole) traverse, néanmoins, une période délicate. Il s'en est ainsi fallu de peu pour que, pour la première fois depuis la grève de 1947, les traditionnelles trente-trois monoplaces ne soient pas au départ. La faute à la crise, mais surtout à la scission, depuis quelques années, avec le Champ Car réunissant une majorité de pilotes non-américains et en tournée en Europe ces dernières semaines. Vainqueur des deux dernières éditions (en 2002 après une sacrée polémique, la course s'achevant sous drapeau jaune après l'accident du pilote Conquest Racing, Laurent Redon), Helio Castroneves, surnommé Spiderman (l'araignée) pour avoir fêté ses deux succès en montant aux grillages protégeant les 300.000 spectateurs, espère signer cette année la passe de trois. Pour établir ce nouveau record de trois victoires consécutives jamais réussi en 86 éditions, le Brésilien (Dallara-Toyota) s'élancera, ce dimanche, en pole aux côtés des Dallara propulsées par Honda de Tony Kanaan et de Robby Gordon. Pour inscrire encore plus profondément son nom sur le Brickyard, un ovale de 2,5 miles jadis recouvert de trois millions de briques rouges, et parquer sa monoplace en héros dans la Gasoline Alley, Helio (celui-ci ne fait pas de politique et ne porte pas de noeud papillon!) devra éviter les traditionnelles embûches émaillant une course dont la popularité est désormais dépassée par le Nascar: ne pas se prendre le mur servant ici de glissière et ne pas être pris dans un des spectaculaires crashes participant à la renommée mondiale d'une course mythique remportée jadis par Jacques Villeneuve et Juan Pablo Montoya.

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