L'espoir français de 27 ans ne disputera au Condroz que son 4e rallye de la saison. Le Nordiste manque de rythme mais pas d'ambition.
Vainqueur de l'épreuve l'an dernier aux commandes d'une Citroën C3 R5, l'ex-pilote officiel Citroën Stéphane Lefèbvre remet son titre en jeu au Rallye du Condroz cette fois avec le soutien de M-Sport et des Matton père et fils via My Hub.
Stéphane, combien de rallyes avez vous disputé cette année?
"Seulement trois. Le Touquet où j'ai terminé 4e suite à des soucis de moteur, la manche WRC en Allemagne où je menais la catégorie R5 (WRC2 Pro et non Pro) avec la Polo BMA avant de me faire piéger bêtement faute d'ouvreur puis le Terre de Langres où j'ai aussi rencontré des problèmes avec la C4."
Il n'est pas simple de rebondir quand on a été pilote officiel pour une marque (Citroën) durant quatre ans?
"Non, c'est vraiment la galère. Quand tu es pilote officiel, tu n'as plus besoin d'un réseau, tu ne cherches plus de sponsors. Tu es concentré sur ton boulot de pilote. Et puis le jour où tout s'arrête, tu retombes de haut. Surtout pour quelqu'un comme moi issu d'une famille modeste. Je ne vis pas dans un monde où il y a de l'argent. Je suis juste un peu aidé par quelques petites entreprises du Nord de la France."
Quand vous voyez Ott Tanak sacré champion du monde à 32 ans, six ans après avoir lui aussi traversé une période noire, s'être retrouvé à pied sans avoir disputé un WRC sur l'année, cela vous inspire quoi?
"Forcément on y pense. Cela redonne un peu d'espoir. Ott a eu un parcours atypique. Il me faudrait juste un petit coup de pouce, un peu de chance pour espérer rebondir."
C'est quoi le plan aujourd'hui?
"Tout faire pour qu'on ne m'oublie pas et essayer de me rapprocher d'un constructeur. C'est pour cela que je roule ici avec avec la Fiesta 100% M-Sport. Initialement, il était prévu que je roule avec la Polo de Bernard Munster. Puis est arrivé tardivement cette proposition de My Hub pour piloter la nouvelle Fiesta MKII alignée par M-Sport. Je me suis dit que c'était mieux pour essayer de créer un lien avec Malcolm Wilson qui joue le jeu. Eric Camilli a tout de même fait trois rallyes avec eux cette année. Il ne faut pas se montrer trop gourmand. Je serais déjà très heureux de pouvoir exercer mon métier de pilote mais aussi assouvir ma passion du pilotage et de la mécanique en WRC2 voire en ERC. J'espère pouvoir être au départ du prochain Monte-Carlo."
Vous ne visez plus le top du WRC?
"Il faut être réaliste. Il y a peu de baquets libres et déjà pas mal de prétendants mieux armés que moi. Des gars comme Craig Breen ou Andreas Mikkelsen, plus nantis, avec des sponsors derrière eux, du roulage cette année, plus d'expérience et qui se retrouvent à pied."
Quel est votre objectif sur ce Rallye du Condroz?
"Je ne prends jamais le départ pour terminer deuxième. Mais ce sera plus dur que l'an dernier où je connaissais la C3 par coeur et je sortais du Rallye d'Espagne. Ici je vais découvrir la voiture ce jeudi et je ne suis pas dans le rythme, je manque de compétition. Je n'ai plus roulé en course sur asphalte depuis le mois d'août. Mon but sera de ne pas commettre de faute, de me mettre le plus rapidement possible dans le rythme et de signer des scratches. Je veux que les gens de chez M-Sport et de My Hub qui m'invitent soient contents de mon travail."
Qui sont les pilotes à battre sur ce rallye?
"J'en citerais trois: Princen, Cherain et Fernémont. Après il ne faut pas oublier non plus Baugnet avec la Polo que j'utilisais en Allemagne. Je dirais qu'on est 7 ou 8 pilotes capables de viser le podium."
Vous comptez votre compatriote Pierre-Louis Loubet dedans?
"S'il fait sec oui. Il a beaucoup roulé, était encore en Espagne le week-end dernier et possède une bonne Skoda. Par contre, s'il fait gras, sa méconnaissance du terrain constituera un handicap par rapport aux pilotes locaux."
Vous préférez quelles conditions?
"J'ai vu à Roulers que la Ford marchait bien sur le mouillé. Greensmith a gagné le WRC2 à son volant en Turquie. Maintenant, personnellement, je voudrais plutôt un temps sec afin de pouvoir attaquer à fond plutôt que de devoir rouler sur la défensive s'il fait fort gras."