Le Verviétois de 21 ans découvre le rallye et la toute nouvelle Peugeot 208 Rally4 sans se mettre la pression.

Lauréat du dernier Volant RNT "rallye", Tom Rensonnet à la lourde tâche de succéder à Gino Bux et Guillaume de Mevius, lesquels n'ont pas atteint l'objectif fixé par la fédération et ont été remerciés après un an et demi ou trois ans. Le débutant réussira-t-il à faire mieux que ses prédécesseurs et à profiter de ce tremplin pour lancer sa carrière? L'avenir nous le dira. On lui souhaite en tout cas. Mais la tâche s'annonce ardue car le jeune homme part vraiment de zéro et a tout à apprendre en rallye. Plutôt du genre bien dans sa tête, le gaillard a en tout cas déjà parfaitement réussi ses deux premiers tests en remportant le volant face à quelques pilotes nettement plus expérimentés d'abord puis en répondant bien à notre première interview.

Tom, d'où vous vient cette passion du sport auto?

" Mon grand-père a participé à 25 éditions des 24H 2CV et roulait aussi dans des épreuves historiques. Mon papa est bon pote avec Fred Bouvy, Kurt Mollekens et Vincent Vosse. Je baigne dans le sport auto depuis que je suis tout petit. J'ai assisté à de nombreuses éditions des 24H de Spa et j'ai toujours adoré cela."

Quelle est votre expérience de la compétition?

"J'ai participé à deux éditions des 24H karting de Francorchamps. Puis j'ai également roulé en VW Fun Cup. J'ai débuté par deux épreuves en 2017. Puis cinq en 2018 et on a disputé tout le championnat l'an dernier chez Milo Racing avec la victoire lors de la dernière course à Assen et le titre de vice-champion d'Europe."

Et en rallye?

"Rien. Je vais prendre ce week-end à Spa le départ de mon tout premier rallye."

Vous étiez déjà finaliste du Volant TCR en 2018. Qu'est ce qu'il vous a manqué à l'époque pour faire la différence par rapport à un Gilles Magnus?

"Certainement l'expérience. Gilles disputait son 3e volant et avait déjà trois années de circuit dans les roues. Moi c'était la première fois. Mais cela m'a servi pour l'édition suivante où je suis arrivé plus en confiance, plus serein. Lors du dernier run décisif, je me suis lâché et j'ai tout donné, sans stress."

Il y a eu pas mal de critiques sur les réseaux sociaux après votre victoire car vous êtes un novice. Cela vous-a-t-il affecté?

"Non, je sais qu'il ne faut pas trop tenir compte ce tout ce qu'on lit sur internet et Facebook. Et puis j'ai eu aussi pas mal de commentaires positifs et d'encouragements. Le RACB m'a rassuré en me disant que je méritais vraiment ma place. Je sais ce que je vaux, d'où je viens et je peux juste promettre que je vais faire tout mon possible pour réussir."

Pourquoi ne pas avoir débuté au Haspengouw il y a deux semaines?

"Car la nouvelle Peugeot 208 Rally4 n'était homologuée qu'au 1er mars et qu'on tenait à démarrer absolument avec elle. Mon programme prévoit 6 rallyes. On a discuté ensemble du calendrier. Par exemple on m'a proposé le TAC et j'ai préféré faire le Sezoens à la place. Mais si je veux disputer plus d'épreuves, je devrai trouver les budgets moi-même."

Cela ne vous stresse pas trop de démarrer directement par un grand rallye. Spa ce n'est pas rien tout de même...

"Non, il faut bien commencer quelque part. C'est ma région. Je connais toutes les routes ici et mon équipier Renaud Herman est aussi de la région. Il a déjà disputé cette épreuve et connaît les spéciales par coeur."

Comment vous êtes vous entraîné?

"J'ai fait une journée de glisse sur la piste de dérapage du RACB à Nivelles. Sinon j'ai découvert ma voiture ce jeudi lors d'une séance d'essais. Il y aura encore le shake-down vendredi et puis Go."

Quelle est votre ambition sur cette première épreuve?

"Juste être à l'arrivée. Rouler sans pression. Apprendre un maximum et montrer une belle évolution. Lors des premières spéciales, il serait logique que je pointe à 20 secondes des leaders de la catégorie en Junior. L'inverse ne serait pas normal."

Avec seulement six épreuves à votre programme, vous ne pouvez pas réellement prétendre au titre Junior.

"Non, ce n'est pas l'objectif. Je vais tout découvrir. Je voudrais juste pouvoir montrer lors des deux dernières épreuves de l'année ce dont je suis capable, signer quelques bons résultats."

Cela signifie que vous avez un contrat de deux ans et que le titre Junior sera le but en 2021?

"Je n'ai pas dit cela, mais si je ne fais pas trop de bêtises et que les gens qui m'ont choisi sont contents de moi, j'imagine que cela ne s'arrêtera pas après un an. A moi de leur prouver qu'ils ont eu raison de me faire confiance."

Qui va payer la franchise en cas d'accident? Vous ou la Fédé?

"Euh... Je ne souhaite pas répondre à cette question. C'est quelque chose qui doit rester entre nous."

Parce qu'à l'époque on demandait à Gino Bux d'attaquer et de faire des chronos face à des pilotes plus expérimentés que lui tout en sachant qu'il devait payer lui-même les 5000 euros de franchise en cas d'accident. Pas facile pour un étudiant...

"Pas de commentaire."

Combien de jokers vous donnez-vous sur la saison?

"Au départ zéro. Maintenant, on apprend toujours de ses erreurs."

Thierry Neuville faisait partie du jury qui vous a décerné ce volant. Quels conseils vous a-t-il donnés?

"Il m'a dit que pour arriver au sommet cela demandait beaucoup de travail, de sacrifices. Il m'a aussi conseillé de rester bien propre."

Et vous êtes prêt à faire tous ces sacrifices?

"Bien sûr! Devenir pilote est un rêve. Il faut se donner les moyens d'y arriver. Cette filière est ma seule chance. Et je compte bien la saisir car il n'y en aura pas deux."