Après le succès interplanétaire des 24h virtuelles il y a trois mois à la date originelle, l'Automobile Club de l'Ouest organise ce week-end les premières 24 Heures du Mans à huis clos. A cause de la pandémie, les 200.000 spectateurs ont été contraints de rester à la maison et les tribunes sont désespérément vides. C'est triste, mais mieux qu'une annulation pure et simple synonyme de faillite pour certains teams du Championnat du Monde d'Endurance.

On avait imaginé dans un premier temps différents villages de 5000 fans restant dans leur zone, mais la préfecture a refusé cette option et donné uniquement l'autorisation pour 5000 personnes sur le site, toutes masquées et détentrices d'un récent test négatif au coronavirus. Avec ordre à chacun de rester dans sa bulle, déclaration à signer sur l'honneur et risque de grosse amende en cas de dérogation au protocole. En jouant sur les chiffres, on dira que c'est respecté même si on avoisinerait tout de même les 8000 en comptant l'organisation, les commissaires, les courses annexes, les journalistes.

Si l'événement sportif aura bien lieu, le programme a été profondément remanié et tout ce qui est lié à la grande fête populaire a été supprimé. Les traditionnelles opérations de pesage se faisant Place des Jacobins ont eu lieu hier dans un paddock fermé au public. Il n'y aura pas de parade en ville demain et donc aucun contact entre les pilotes et la population. En se baladant dans les villages avoisinant d'Arnage ou de Mulsanne, on ne ressent d'ailleurs aucune ferveur, il n'y a pas de bouchons, pas d'animation ni de terrasses bondées. C'est comme si l'épreuve n'avait pas lieu.

Elle démarre pourtant aujourd'hui avec un horaire compacté pour les 59 équipages au lieu des 62 prévus, les principaux forfaits étant ceux des Américains de chez Corvette en GTE-Pro et plus récemment de la Ginetta ce qui laisse seulement cinq protos en LMP1, les deux Toyota hybrides archi-favorites visant la passe de trois, les deux Rebellion pour leur dernière apparition sous ce nom avant d'être reprises par Alpine et la Bykollès contrainte à l'abandon lors de ses neuf dernières participations.

« J'ai déjà un peu l'habitude puisque c'est comme cela aux Etats-Unis depuis quelques courses, » explique notre compatriote Laurens Vanthoor, candidat à la victoire en GT avec Porsche. « On a l'impression de participer à une journée de tests. Il n'y a pas l'ambiance extraordinaire du Mans. On fait nos meetings et interviews avec zoom, on se balade avec un masque, c'est sûr que c'est chiant, mais cela fait partie du monde actuel. Le principal est que la course puisse avoir lieu. Une fois que l'on se retrouve dans notre box, le casque sur la tête, on entre dans notre bulle, celle de la compétition. Sur la piste, cela ne changera rien. De toute manière, on n'a jamais le temps de regarder dans les tribunes. On sera concentré sur notre sujet et la pression sera identique. »

Suite à la suppression de la journée de tests, dix heures d'essais libres sont au menu du jour. En plus de la qualification de quarante-cinq minutes entre 17h15 et 18h00 où l'objectif sera de se placer dans le Top 6 de sa catégorie afin de pouvoir disputer la nouvelle Hyperpole vendredi entre 11h30 et 12h00 avec un seul train de pneus et un seul pilote au volant.

Samedi, après un très court warm-up d'un quart d'heure, le départ des 24H 2020 sera donné à 14h30 pour éviter la concurrence de l'arrivée du Tour de France à Paris dimanche après-midi.